Transavia : des passagères sur des strapontins du cockpit, une enquête ouverte
Transavia : passagères sur strapontins du cockpit, enquête

Un incident de sécurité embarrassant pour Transavia

La compagnie aérienne Transavia fait face à un incident particulièrement embarrassant concernant la sécurité à bord de ses avions. Selon le témoignage d'un passager du vol reliant Hurghada en Égypte à Amsterdam aux Pays-Bas, le 21 février dernier, une femme et une jeune fille de 10 ans auraient été invitées à voyager durant l'intégralité du trajet sur des strapontins, également appelés jumpseats. Ces sièges rabattables sont situés à proximité immédiate du cockpit, dans une zone normalement réservée exclusivement à l'équipage.

Une solution improvisée pour un cas de surbooking

Cette situation inhabituelle et potentiellement dangereuse serait directement liée à un cas de surbooking, une pratique courante dans l'industrie aérienne. Les compagnies vendent parfois plus de billets que le nombre de sièges disponibles afin d'optimiser leur taux de remplissage, anticipant les désistements de dernière minute. Bien que cette pratique ne soit pas illégale en soi, elle est strictement encadrée par la réglementation européenne.

Cette réglementation stipule clairement qu'en cas de surbooking, l'équipage doit d'abord rechercher des volontaires acceptant de renoncer à leur place en échange d'une compensation, souvent financière. Si aucun volontaire ne se présente, la compagnie peut alors refuser l'embarquement à certains passagers, toujours contre indemnisation. Cependant, sur ce vol Transavia, le commandant de bord aurait pris une initiative bien différente et problématique.

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Une violation flagrante des règles de sécurité

Plutôt que de suivre le protocole établi, le commandant aurait lancé un appel oral à volontaires pour occuper ces strapontins du cockpit. Or, l'accès à cet espace est extrêmement réglementé, notamment depuis les attentats du 11 septembre 2001. Comme le rappellent les spécialistes, seuls les membres d'équipage sont autorisés à pénétrer dans cette zone, sauf dérogation exceptionnelle qui doit faire l'objet d'une demande préalable et formelle.

De plus, même dans le cadre rare d'une telle autorisation, la présence de personnes extérieures au cockpit est strictement interdite pendant les phases critiques du vol, à savoir le décollage et l'atterrissage. Pourtant, selon le témoignage du passager, les deux voyageuses seraient restées assises sur ces strapontins durant les cinq heures complètes du vol, y compris pendant ces manœuvres sensibles.

Plainte déposée et enquête interne lancée

Le passager, ayant filmé la scène, a immédiatement signalé l'incident à l'autorité néerlandaise de supervision des transports ainsi qu'à l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA). Il a également déposé plainte, estimant qu'il y avait eu des manquements graves en matière de sécurité. Dans sa démarche, il a demandé une indemnisation pour l'ensemble des passagers du vol, considérant que leur sécurité avait été compromise.

Face à ces révélations, Transavia a reconnu l'incident et a confirmé l'ouverture d'une enquête interne approfondie. La compagnie a déclaré : « La sécurité des passagers et de l'équipage est toujours la priorité absolue de Transavia. L'utilisation des strapontins et l'accès au poste de pilotage sont réglementés, conformément à la réglementation européenne (AESA). Le commandant de bord est responsable en dernier ressort de la sécurité à bord et dispose du pouvoir discrétionnaire de prendre des décisions dans le cadre des réglementations et procédures applicables. »

Cette affaire soulève des questions cruciales sur le respect des protocoles de sécurité dans l'aviation civile et sur les limites du pouvoir discrétionnaire des commandants de bord face à des situations opérationnelles délicates comme le surbooking.

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