Arrêt des trains entre Pont-Saint-Esprit et Avignon : usagers contraints de s'adapter
Trains arrêtés entre Pont-Saint-Esprit et Avignon : usagers s'adaptent

Depuis le 16 mars dernier, plus aucun train ne circule sur la ligne rive droite du Rhône entre Avignon et Pont-Saint-Esprit en semaine. Une situation qui contraint les voyageurs, quotidiens ou ponctuels, à s’adapter et à changer leurs habitudes.

Des quais vides depuis plus d’un mois

Depuis plus d’un mois, les quais de la gare de Bagnols-sur-Cèze sont vides du lundi au vendredi. Et pour cause, depuis le lundi 16 mars, la circulation des trains sur la ligne rive droite du Rhône est interrompue en semaine en raison de travaux de remplacement des voies et du ballast, décidés et entrepris par SNCF Réseau. De quoi perturber les voyageurs qui empruntaient au quotidien ou ponctuellement cette ligne ferroviaire entre Pont-Saint-Esprit et Avignon.

Témoignages de voyageurs impactés

Michael Guichard confie avoir été « vraiment déçu » en apprenant cette fermeture qui devrait durer de longs mois. « Il a fallu que je revoie toute mon organisation », confie celui qui, désormais, doit se reporter sur le car. Alors qu’en train, il ne mettait que 25 minutes pour rallier Bagnols-sur-Cèze, son lieu de travail, depuis Avignon, où il réside, son trajet dure désormais un peu plus d’une heure. « Et avec la ligne 122, il y a souvent une demi-heure de retard surtout lorsque ça bouchonne entre Pont et Bagnols », témoigne le salarié. Qui, par ailleurs, a dû adapter ses horaires de travail : « Je commence normalement à 7 h mais le premier car arrive plus tard. Donc je finis à 18 h au lieu de 17 h 30 et j’arrive donc à 19 h 20. C’est un peu pénible ».

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Marianna, une Bagnolaise de 33 ans, s’était aussi habituée à prendre le train pour se rendre dans la cité des papes. Comme ce jeudi matin où, sa valise à roulettes à la main, elle attend impatiemment le prochain car. « Je dois aller à Paris, mon TGV est à midi. Le bus est déjà en retard, j’espère qu’il viendra », souffle la jeune femme qui ajoute : « C’est contraignant, on doit mobiliser une grande partie de notre temps surtout que cela arrive que certains bus n’arrivent qu’une heure après l’horaire indiqué ».

Des travaux de modernisation à 230 millions d’euros

Dans son magazine « Les Nouveaux chemins en Occitanie », publié en février dernier, SNCF Réseau indique que ces « travaux de modernisation des voies ferrées entre Bourg-Saint-Andéol et Saint-Gervasy » vont se dérouler du 17 août 2026 au 2 août 2027. Un chantier à 230 millions d’euros pour lequel « des moyens exceptionnels » vont être déployés, puisqu’un train usine réalisera un renouvellement industrialisé de l’infrastructure. « Ces opérations nécessitent une adaptation des circulations dès le démarrage des travaux préparatoires », fait savoir SNCF Réseau quant à la fermeture de la ligne dès mars. Ce chantier doit permettre « d’améliorer durablement la performance de la ligne ».

Des habitudes à changer

Keylia, avec une amie, compte aller passer une journée à Avignon. « Sur une journée, il faut compter plus de deux heures de trajet et on a moins de temps pour profiter sur place », lâche l’adolescente. Même si elle rappelle que « le train est plus cher que le car », elle souligne que « c’est quand même plus pratique, plus rapide ».

Pour Gemina, à l’inverse, cette fermeture ne semble pas changer grand-chose. « Je préfère de toute façon le bus. Je mets que vingt minutes pour aller à Pont-Saint-Esprit et c’est moins cher que le train », indique la quadragénaire qui se rend tous les jours à Bagnols-sur-Cèze pour suivre une formation. Elle confie toutefois devoir aller deux fois par mois à Avignon. « Le train, c’était l’idéal pour y aller car je mettais 40 minutes depuis Pont-Saint-Esprit mais avec le bus on s’habitue aussi », indique Gemina.

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Inquiétudes sur la fréquentation future

En mars dernier, l’association des usagers de la rive droite du Rhône s’inquiétait que cette longue phase de chantier ne mette « un coup d’arrêt complet à la fréquentation » de la ligne qui s’élevait autour de 83 000 voyageurs en 2024. « Les gens vont prendre d’autres habitudes et se reporter sur la voiture », déplorait son président Pascal Rousson. En attendant la réouverture en semaine, Michael Guichard et d’autres doivent « prendre notre mal en patience, tout en espérant que les travaux ne prennent pas de retard ».