Espagne : Sánchez défend la sécurité ferroviaire après les accidents mortels
Sánchez défend la sécurité ferroviaire après les accidents

Espagne : Sánchez s'engage sur la sécurité ferroviaire après les tragédies

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a pris la parole mercredi devant les députés pour la première fois depuis les deux accidents ferroviaires mortels survenus en janvier, qui ont coûté la vie à 47 personnes. Dans un contexte politique tendu, le dirigeant socialiste a promis que l'État ferait toute la lumière sur ces drames et rendrait « justice » si cela s'avérait « nécessaire et approprié ».

Deux tragédies en 48 heures

Les accidents se sont produits à seulement 48 heures d'intervalle les 18 et 20 janvier, bouleversant profondément l'Espagne. Le premier, survenu à Adamuz en Andalousie, a vu la collision violente de deux trains circulant à plus de 200 km/h, faisant 46 morts. Deux jours plus tard, en Catalogne, le conducteur d'un train de banlieue a perdu la vie après l'éboulement d'un talus causé par de fortes pluies.

Ces tragédies ont ravivé les débats sur la qualité de l'entretien du réseau ferroviaire espagnol, pourtant l'un des plus développés au monde dans ce pays qui est le deuxième plus touristique de la planète.

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Un gouvernement sous pression

Depuis près d'un mois, l'opposition de droite (Parti populaire) et d'extrême droite (Vox) réclame avec insistance le départ du ministre des Transports, Oscar Puente, et même la démission de Pedro Sánchez lui-même. Le Premier ministre socialiste fait face à un contexte politique difficile, avec son entourage privé et professionnel empêtré dans des affaires de corruption, tandis que son parti, le PSOE, a subi deux revers électoraux dans des scrutins régionaux au cours des deux derniers mois.

« L'État tout entier fait et fera tout ce qui est en son pouvoir pour accompagner les blessés et les proches des victimes, pour les aider à comprendre les causes de l'accident et, si cela s'avérait nécessaire et approprié, pour rendre justice », a déclaré Sánchez dans l'hémicycle parlementaire.

Défense du réseau national

Face aux critiques croissantes concernant l'entretien des infrastructures, le chef du gouvernement a tenu à défendre le réseau ferroviaire espagnol, qui s'étend sur « 15 700 km » de voies, dont « 4 500 km à grande vitesse ». « Ce système n'est pas parfait - malheureusement nous avons subi une terrible tragédie -, mais il est sûr », a-t-il affirmé avec conviction.

Le Premier ministre a également rappelé les efforts d'investissement de son gouvernement : « Depuis 2018, nous avons pratiquement triplé l'investissement dans les infrastructures ferroviaires ». Il a accusé le Parti populaire, qui gouvernait avant son arrivée au pouvoir il y a près de huit ans, d'avoir sous-investi dans le réseau national, qui transporte désormais « chaque semaine plus de 12 millions » de passagers.

Accord avec les cheminots et engagements financiers

Lundi, au premier jour d'une grève des cheminots, les syndicats majoritaires et le gouvernement ont annoncé être parvenus à un accord important pour améliorer l'entretien et la sécurité des voies ferrées et des trains. Cet accord répondait à l'une des principales demandes des professionnels du secteur.

Le ministère des Transports a précisé que le gouvernement s'engageait à investir 1,8 milliard d'euros pour améliorer la maintenance, créer 3 650 emplois supplémentaires et renforcer significativement la sécurité ferroviaire. « Il reste du travail à faire, sans aucun doute, et aussi beaucoup à améliorer », a reconnu Pedro Sánchez, avant d'ajouter : « Si une fois leur enquête achevée, les experts et expertes [...] nous disent que nous devons en faire davantage, nous le ferons ».

L'opposition monte au créneau

La réaction de l'opposition a été immédiate et virulente. Prenant la parole juste après le Premier ministre, le président du Parti populaire, Alberto Núñez Feijóo, a accusé les autorités d'avoir « joué à la roulette russe avec la sécurité des Espagnols ». « C'était un accident évitable, pas une catastrophe imprévisible, et ce qu'ils auraient dû faire, c'est venir demander pardon et assumer les conséquences », a-t-il poursuivi avec fermeté.

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De son côté, le chef du parti d'extrême droite Vox, Santiago Abascal, a vertement critiqué le gouvernement de gauche à Madrid, qu'il a qualifié de « calamité ». « Adamuz a été un crime et pas seulement un accident », a-t-il lancé avec une sévérité particulière.

Pedro Sánchez a conclu son intervention en réaffirmant la détermination des autorités à « enquêter avec rigueur » et à « informer avec transparence », tout en assurant que l'exécutif « prendrait les mesures nécessaires pour que des accidents comme celui que nous pleurons aujourd'hui ne se reproduisent plus ».