Port de Rochefort-Tonnay-Charente : un trafic en hausse de 6% en 2025, mais deux dynamiques distinctes
Port Rochefort-Tonnay-Charente : +6% de trafic en 2025, deux dynamiques

Port de Rochefort-Tonnay-Charente : un rebond de 6% du trafic en 2025 masque deux réalités distinctes

En 2025, le port de Rochefort-Tonnay-Charente a enregistré un volume total de trafic de 633 449 tonnes, marquant une hausse significative de 6,02% par rapport à l'année précédente. Ce rebond constitue une respiration bienvenue après trois années consécutives de recul, comme le soulignent Céline Viron, directrice du syndicat mixte du port, et Gérard Pons, son président, dans leur bureau préfabriqué situé à proximité immédiate des quais.

« Le bilan est positif », confirme Gérard Pons, une affirmation étayée par les chiffres officiels. Cependant, cette croissance globale cache en réalité deux dynamiques portuaires distinctes, chacune avec ses propres forces et fragilités, autour d'un enjeu commun crucial : la question foncière.

Tonnay-Charente : le retour en force des céréales comme moteur de croissance

Le site de Tonnay-Charente affiche une progression spectaculaire de près de 24% de son trafic en 2025. Ce dynamisme est principalement tiré par les exportations de céréales, qui ont bondi de 60,8% sur un an, permettant au port de retrouver sa vocation historique de plateforme d'exportation agricole.

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« On redevient un port d'exportation », se félicite Céline Viron, notant que les expéditions de céréales ont désormais dépassé celles de sable, qui dominaient précédemment. Les volumes de céréales ont atteint 128 500 tonnes en 2025, marquant un rebond notable sans pour autant susciter d'euphorie excessive.

Cette croissance reste en effet tributaire d'une conjoncture internationale fragile. « On est très dépendant du marché international », rappelle la directrice, citant l'influence des blés russes et ukrainiens, des récoltes canadiennes et des arbitrages nord-africains sur les flux. « C'est un secteur compliqué en ce moment », ajoute-t-elle, soulignant la sensibilité de cette activité aux aléas géopolitiques et climatiques.

Principalement tourné vers le trafic intracommunautaire, Tonnay-Charente exporte ses céréales vers l'Espagne, le Portugal, le Royaume-Uni, l'Allemagne, et ponctuellement vers le Maroc.

Rochefort : diversification des activités et rôle d'amortisseur

À Rochefort, la dynamique est différente, avec un léger recul du trafic de -2,7%. Mais cette baisse masque une réalité plus nuancée : le port affiche une diversification croissante de ses activités, lui permettant de jouer un rôle d'amortisseur face aux fluctuations du marché.

Les trafics liés au BTP (Bâtiment et Travaux Publics) et à l'horticulture progressent, tandis que les importations de bois en provenance des pays nordiques affichent une hausse de 6,8%. Le recyclage, pilier historique du port, connaît un léger recul mais reste central, avec la ferraille représentant à elle seule 25% du trafic global, devant les céréales (20%).

« On s'adapte au trafic, on change de trafic », insiste Céline Viron, expliquant la stratégie de diversification mise en œuvre. Lorsque certains flux disparaissent, d'autres prennent le relais, comme l'importation de bois, d'argile, ou l'export ponctuel de grumes. « Le panier s'élargit », constate-t-elle, même si ces nouvelles lignes restent sensibles aux crises économiques et logistiques.

Cette dualité entre les deux sites portuaires – Tonnay-Charente spécialisé dans l'exportation céréalière et Rochefort diversifié – illustre la complexité de la gestion portuaire moderne, où la résilience passe par la capacité à s'adapter aux évolutions du marché tout en préservant les activités historiques.

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