Les hybrides rechargeables, une technologie en pleine renaissance
L'acronyme PHEV (Plug-in Hybrid Electric Vehicle) désigne des véhicules hybrides équipés d'une prise de recharge et d'une batterie permettant un usage quotidien en mode zéro émission. Pour les trajets plus longs, le recours au moteur thermique, alimenté par un plein de carburant en quelques minutes, évite les longues pauses de recharge. Si cette technologie séduit environ 10% des automobilistes européens, elle ne représente encore que 5% des ventes de voitures neuves en France.
L'offensive agressive des constructeurs chinois
Longtemps dominée par les marques premium européennes, la niche des PHEV voit désormais une offensive déterminée des constructeurs chinois. Ces derniers arrivent avec des technologies innovantes et des tarifs très compétitifs. Le groupe Chery, troisième constructeur chinois, débarque sur le marché français avec une gamme exclusivement hybride, laissant temporairement de côté le tout-électrique. Son fer de lance, le SUV Jaecoo 7, propose en version PHEV une autonomie électrique de 90 km grâce à sa batterie de 18,4 kWh, pour un prix à partir de 35 990 €.
De son côté, BYD multiplie les propositions hybrides rechargeables dans sa vaste gamme, avec notamment le petit SUV Atto 2 DM-i accessible dès 26 990 €. Un modèle sur lequel le constructeur compte beaucoup pour développer ses parts de marché. La preuve : il devrait être produit en Europe dans la nouvelle usine hongroise de la marque, aux côtés de modèles électriques. Ce choix de localisation, qui n'est pas motivé par des questions fiscales (les PHEV ne sont pas concernés par les taxes spécifiques aux voitures électriques made in China), en dit long sur l'ambition du groupe pour ces motorisations.
Une mauvaise réputation initiale à surmonter
Sur le papier, les PHEV promettaient le meilleur des deux mondes : l'électrique pour le quotidien et le thermique pour les longs trajets. En réalité, les premières générations ont souvent déçu :
- Autonomie électrique limitée à quelques dizaines de kilomètres
- Recharge très lente
- Masse conséquente
- Fonctionnement en mode hybride peu efficace une fois la batterie vide, avec des consommations élevées
De plus, les consommations homologuées, calculées sur des cycles peu réalistes incluant le trajet en électrique, affichaient des chiffres inférieurs à 3 l/100 km, impossibles à reproduire sur route. Un autre problème résidait dans l'usage : les PHEV nécessitent une recharge régulière, souvent quotidienne. Or, les premières générations, intégrées massivement dans des flottes d'entreprise pour des avantages fiscaux (grâce à leurs faibles émissions de CO₂), étaient souvent confiées à des utilisateurs non formés. Beaucoup, carte d'essence en poche, ne les rechargeaient pas, ce qui a conduit à un bilan écologique médiocre pointé du doigt par les ONG environnementales.
Des progrès technologiques considérables
Les PHEV ont dû progresser sur deux fronts : l'autonomie en mode électrique et la consommation une fois la batterie vide. Et les progrès sont notables. Désormais, parcourir près de 100 km en tout-électrique est courant, et en mode hybride, de nombreux modèles affichent des consommations réelles raisonnables, inférieures à 7 l/100 km.
De plus, beaucoup proposent désormais une recharge rapide en courant continu (DC). Par exemple, le VW Tiguan eHybrid (55 500 €), l'un des PHEV les plus vendus en France l'an dernier, peut passer de 10 à 80% de charge en moins de 30 minutes grâce à sa puissance de 50 kW, permettant de retrouver près de 100 km d'autonomie. Le champion actuel est sans doute le Lynk & Co 08 (groupe Geely), avec sa batterie de près de 40 kWh permettant presque 200 km en tout-électrique.
Chez Stellantis, gros vendeur de PHEV, le Peugeot 3008 frôle les 100 km d'autonomie et offre 225 ch. Mercedes est le seul constructeur à proposer des versions hybrides rechargeables diesel, comme le SUV GLC, annoncé pour 119 km en électrique. Avec les modèles chinois comme ceux de Chery ou BYD, l'alternance des modes de fonctionnement (hybride, électrique pur, prolongateur d'autonomie) se fait de manière transparente selon la charge, la vitesse et les sollicitations.
Une technologie désormais prisée par les supercars
La technologie hybride rechargeable s'applique aussi de plus en plus à des modèles sportifs. Elle leur permet d'échapper à une fiscalité confiscatoire grâce à des émissions de CO₂ réduites, et parfois d'accéder à des zones réservées aux véhicules zéro émission. Elle peut aussi améliorer les performances, grâce au couple généreux des moteurs électriques. Des exemples récents incluent :
- L'Audi RS5 de 639 ch (80 km en électrique)
- La Lotus Eletre X de 952 ch (350 km en électrique !) avec sa batterie de 70 kWh sous 900 V se rechargeant en 9 minutes
- Les Lamborghini Temerario et Denza Z9 GT
Autant de modèles hautes performances rendus plus vertueux grâce à l'hybride rechargeable.
L'alternative des prolongateurs d'autonomie (Erev/Reev)
Dans la famille des hybrides, les Erev ou Reev (Range Extender Electric Vehicle) inversent la logique : il s'agit de voitures électriques dont l'autonomie est prolongée par un moteur thermique agissant uniquement comme générateur pour recharger la batterie, sans entraîner les roues. Ce concept, exploré par des pionniers comme BMW avec l'i3 REX ou Mazda avec la MX-30 R-EV, est rassurant pour les automobilistes anxieux de la panne de batterie.
L'emploi d'un prolongateur permet d'embarquer une batterie plus petite, limitant coût et masse, mais implique un moteur thermique potentiellement bruyant et son entretien. À l'usage, le roulage reste très plaisant, notamment en ville. Par exemple, le Leapmotor B10 e-Hybrid (29 900 €) affiche 900 km d'autonomie totale, dont 86 km en électrique, avec une batterie de 18,8 kWh rechargeable en 30 minutes. Une solution envisagée par de nombreux constructeurs chinois (BYD, Xpeng, Zeekr, Xiaomi) et aussi par Geely avec Renault dans le cadre de leur co-entreprise Horse.



