Un collectif se mobilise pour ressusciter une ligne ferroviaire abandonnée
Fondé en 2018, le collectif interdépartemental Osons le train mène un combat acharné pour la réouverture de la ligne ferroviaire historique reliant Mont-de-Marsan à Bagnères-de-Bigorre. Cette infrastructure, qui ne transporte plus de voyageurs depuis les années 1970 et a cessé toute activité de fret en 2014, est au cœur d'une bataille citoyenne pour la mobilité et le développement territorial.
Une initiative portée par des militants engagés
À l'origine de ce mouvement, on trouve des militants communistes et syndicalistes du rail issus des Hautes-Pyrénées, du Gers et des Landes. Depuis plusieurs années, ils œuvrent sans relâche pour que cette ligne retrouve sa vocation initiale, à la fois pour le transport de voyageurs et pour le fret.
Pour amplifier leur voix, le collectif organise un rassemblement important ce mardi 24 février à 18 heures, devant la préfecture des Landes. « Nous avons sollicité une audience avec le préfet afin d'engager un dialogue constructif sur ce dossier crucial », explique Christian Duprat, référent départemental du collectif.
Des arguments économiques et sociaux incontournables
Les partisans de la réouverture mettent en avant des bénéfices multiples pour le territoire. « La remise en service de cette ligne, qui dessert un bassin de population d'environ 258 643 habitants, constituerait un levier puissant pour relancer l'économie locale et répondre aux impératifs de mobilité des zones rurales », argumente Christian Duprat avec conviction.
Le collectif s'appuie sur plusieurs piliers pour étayer sa demande :
- Une pétition qui a déjà recueilli des milliers de signatures, grâce à un travail de terrain lors de réunions publiques et sur les marchés.
- La pertinence écologique du projet dans un contexte de transition énergétique et de revitalisation des campagnes.
- Un décalage entre les discours gouvernementaux favorables au ferroviaire et l'absence de concrétisation financière.
Un dialogue difficile avec les institutions
Dans leur stratégie d'influence, les militants ont déjà adressé une lettre ouverte à l'ensemble des élus concernés par le tracé de la ligne : conseillers régionaux, départementaux, ainsi que les maires des communes et communautés de communes traversées.
« Récemment, nous avons été reçus par le préfet des Hautes-Pyrénées. S'il n'a pas contesté la validité de nos arguments en faveur de cette réouverture, il nous a clairement indiqué que les financements nécessaires n'étaient pas prévus dans les budgets actuels », déplore Christian Duprat, soulignant la frustration face à cette impasse financière.
Malgré ces obstacles, le collectif Osons le train persiste dans sa mobilisation, convaincu que la réouverture de cette ligne ferroviaire représente bien plus qu'un simple projet de transport : c'est un enjeu de désenclavement, de développement durable et de justice territoriale pour les populations rurales des Landes, du Gers et des Hautes-Pyrénées.



