Un vieux dossier remis à flot par les citoyens
Le collectif citoyen NaMar a réactivé avec détermination le projet historique d'une liaison maritime régulière entre les Minimes, au sud de La Rochelle, et Port-Neuf, au nord. Cette initiative a été présentée officiellement lors d'une réunion publique organisée le 20 février dernier, attirant l'attention des principaux candidats à la mairie.
Les réactions des candidats présents
Deux prétendants à la succession municipale ont assisté personnellement à cette présentation : le maire sortant Thibaud Guiraud (Générations La Rochelle) et son challenger Christophe Batcabe (Une vision pour La Rochelle). Le journal Sud Ouest a pu recueillir leurs premières impressions sur place, tandis que les équipes des autres candidats ont été contactées par courriel puis relancées par message texte pour obtenir leurs positions.
Des avis contrastés sur la faisabilité
Thibaud Guiraud reconnaît l'intérêt du projet pour « rapprocher les quartiers » et salue son origine citoyenne. Cependant, il soulève plusieurs obstacles techniques majeurs : « Le problème de la pollution contenue dans les vases à Port-Neuf coûtera très cher à traiter. Et pour que le bus de mer accoste à marée basse, il faudra dérocter, ce qui suppose des autorisations administratives longues à obtenir. »
Christophe Batcabe se montre beaucoup plus enthousiaste : « Les mobilités sont un sujet crucial pour La Rochelle. La circulation automobile y est devenue irréaliste. Quand on pense à l'avenir de l'agglomération et à son attractivité, il est clair qu'il faut y aller sur ce projet, il faut le tester rapidement. »
Les positions des autres candidats
Olivier Falorni (Pour les Rochelaises et les Rochelais) propose une approche pragmatique : « Cette navette pourrait d'abord être mise en place à titre expérimental, afin d'en évaluer l'usage, la pertinence et les conditions de fonctionnement. Son financement serait alors assuré par Yélo Mobilités. »
Maryline Simoné et Jean-Marc Soubeste (La Rochelle unie) envisagent des scénarios variés : « Des scénarios, prenant en compte les contraintes naturelles (basse ou haute marée) seront testés pour déterminer les options les plus opportunes. Une fois le scrutin municipal passé, nous rassemblerons toutes les parties prenantes. »
Les sceptiques et les conditions
Séverine Werbrouck (Rassemblement La Rochelle) exprime des doutes substantiels : « Le service ne pourrait fonctionner de manière fiable toute l'année en raison de la houle, des vents et des marées. Nous doutons de la pertinence du projet en termes de fréquentation, considérant qu'il ne profiterait qu'à une minorité d'usagers. »
Antoine Colin et Danielle Vauzelle (Lutte ouvrière) posent des conditions strictes : « Il faut un trafic cadencé, pour un volume de passagers bien supérieur. Il faudrait aussi qu'il prenne à bord les voitures. Alors oui sans réserve si le projet est financé par les fortunes locales ou d'ailleurs. »
Un débat qui dépasse les élections
Ce projet de navette maritime dépasse le simple cadre des élections municipales. Il interroge fondamentalement l'avenir des mobilités dans l'agglomération rochelaise, entre volonté de désenclavement des quartiers, contraintes environnementales et techniques, et questions de financement. La diversité des positions exprimées par les candidats reflète la complexité d'un dossier qui mobilise à la fois les habitants, les experts et désormais la classe politique locale.



