La Rochelle : un collectif relance le projet de navette maritime entre Minimes et Port-Neuf
Navette maritime à La Rochelle : le collectif NaMar relance le projet

Un projet de navette maritime pour désenclaver La Rochelle

À l'instar de Bordeaux avec son Bato sur la Garonne ou de Lorient et son réseau Izilo, La Rochelle pourrait bientôt se doter d'un "bus de mer" reliant les quartiers des Minimes, au sud de la baie, à Port-Neuf au nord. Cette idée, portée par le collectif NaMar (navette maritime), émerge à nouveau dans le contexte des élections municipales de 2026, après avoir été évoquée à plusieurs reprises ces quinze dernières années.

Une initiative citoyenne qui interpelle les candidats

Issu de l'intercomité de quartier de La Rochelle, le collectif NaMar a présenté son projet le 20 février lors d'une réunion publique à la Maison de quartier de Port-Neuf. Deux candidats à la mairie étaient présents : Thibaud Guiraud, maire sortant, et Christophe Batcabe. Le projet vise à combler une coupure géographique majeure dans l'agglomération.

La configuration particulière de La Rochelle crée en effet une séparation nette entre les quartiers sud (Minimes, Tasdon, Bongraine) et les quartiers nord et ouest (La Pallice, Laleu, Port-Neuf, La Genette, Saint-Maurice, Le Prieuré) par un bras de mer relativement étroit mais infranchissable. Cette situation génère des temps de transport considérables pour les habitants qui doivent effectuer le détour par le centre-ville.

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Des temps de trajet réduits et une mobilité améliorée

Selon les essais réalisés par les membres de NaMar, un trajet en bus entre Chef-de-Baie et les Minimes prend actuellement 50 à 55 minutes lorsque la circulation est fluide. En voiture, l'option de la rocade allonge encore la distance parcourue et les émissions de CO₂, sans compter les risques d'embouteillages. Les modes de déplacement individuels comme le vélo ne sont pas accessibles à toute la population.

Cette situation est d'autant plus problématique que l'agglomération rochelaise attire de nouveaux habitants et que de nombreuses personnes ne résident pas à proximité de leur lieu de travail. Les étudiants et le personnel universitaire des Minimes, les employés d'Alstom à Aytré ou ceux de Solvay à Port-Neuf pourraient grandement bénéficier d'une telle liaison. Le projet présenterait également des avantages pour les loisirs (accès au complexe cinéma CGR des Minimes) et le tourisme.

Des défis techniques majeurs à surmonter

Si les arguments en faveur de cette navette maritime semblent solides, des obstacles techniques importants persistent. Vincent Klotz, porte-parole du collectif NaMar, souligne que l'infrastructure existe déjà côté Minimes, avec le bus de mer qui relie ce quartier au Vieux Port, ainsi que les bateaux et le personnel formé pour les piloter.

Le problème principal se situe dans l'anse de Port-Neuf, où la marée basse découvre un estran de roches et de vases épaisses contenant des pollutions historiques. Thibaud Guiraud a indiqué lors de la réunion publique que leur traitement à terre engendrerait des coûts importants. De plus, la création d'un chenal perpendiculaire aux courants de marée risquerait de se combler régulièrement.

Christophe Maury, ancien directeur du chantier naval des Minimes présent dans l'assistance, a précisé les difficultés pratiques : « À marée basse, il n'y aura pas de bus », a-t-il résumé, évoquant le tirant d'eau limité des navires (1,18 mètre) qui complique l'accès à un ponton pendant les basses mers.

Une étude en cours pour évaluer les besoins

Pour mieux cerner l'intérêt des habitants et les besoins réels, NaMar s'appuie sur un projet mené par des étudiants en master de sciences pour l'environnement à l'université de La Rochelle. Encadrés par deux professionnelles du LIENSs (Littoral, environnement et sociétés), ils élaborent un questionnaire à soumettre au grand public.

En attendant des solutions techniques qui restent à développer, le collectif envisage une escale alternative à Chef-de-Baie pendant les épisodes de basse mer. Le débat autour de ce serpent de mer rochelais promet de se poursuivre dans les mois à venir, au rythme des marées et des campagnes électorales.

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