Les motards toujours exclus de la conversion à l'éthanol E85
Un simple coup de tampon administratif, voilà ce qui manque depuis des années aux utilisateurs de deux-roues motorisés pour accéder à la conversion à l'éthanol E85. Alors que les automobilistes bénéficient de cette possibilité depuis 2017, les 4,4 millions de motards et scootéristes français attendent toujours cette égalité de traitement, dans un contexte où les prix des carburants continuent de s'envoler à la pompe.
Une injustice dénoncée par la FFMC
Dans un communiqué récent, la Fédération française des motards en colère (FFMC) exprime son amertume face à cette situation. « Nous sommes injustement exclus de ce dispositif écologique et économique », déplorent les usagers. L'organisation souligne que l'accord politique de la Ministre de la Transition écologique est nécessaire pour permettre à l'administration de travailler sur l'homologation des boîtiers de conversion.
Cette rupture d'égalité devant la transition énergétique est d'autant plus incompréhensible que des solutions techniques françaises existent déjà. « Depuis 2023, le gouvernement s'est engagé à corriger cette anomalie. Nous sommes désormais en 2026 et cette situation perdure », rappelle la FFMC avec frustration.
Une alternative cruciale pour les budgets serrés
Eric Thiollier, président de la FFMC, explique pourquoi cette conversion représente une solution particulièrement adaptée aux deux-roues. « Le manque de motorisations alternatives accessibles pour les deux-roues motorisés, et l'absence de prime à la conversion ont amené la FFMC dès 2006 à vouloir étudier la possibilité de rouler à l'E85 ».
Contrairement aux voitures, les motos et scooters présentent des contraintes spatiales qui rendent difficile l'intégration des technologies électriques ou hybrides. Pourtant, vingt ans après les premières démarches, l'autorisation administrative se fait toujours attendre, alors que les fabricants de kits sont prêts.
Des avantages environnementaux et économiques prouvés
Les kits de conversion à l'éthanol présentent plusieurs avantages majeurs :
- Ils préservent l'environnement sans modifier le son de l'échappement
- Ils réduisent significativement la pression financière avec un litre d'E85 à 0,73 €
- Contrairement aux transformations mécaniques, ils ne génèrent pas plus de puissance, de bruit ou de nuisances
La FFMC rappelle les chiffres éloquents : en 2024, le bioéthanol incorporé dans l'E10 a remplacé plus de 7 % de l'essence fossile et réduit de 73 % les gaz à effet de serre. L'E85 permet quant à lui de réduire les émissions de particules fines jusqu'à 90 % et celles des GES de 50 % par rapport à l'essence traditionnelle.
Une incohérence dans la transition énergétique
Alors que 400 000 voitures flex-E85 roulent déjà avec ce carburant français, tiré de la filière agricole et renouvelable à 100 %, l'exclusion des deux-roues apparaît comme une incohérence majeure dans la politique de transition énergétique. Les utilisateurs de motos et scooters, qui utilisent quotidiennement leurs machines et gèrent souvent des budgets serrés, se trouvent ainsi doublement pénalisés : financièrement à la pompe et écologiquement dans leur contribution à la réduction des émissions.
Le dossier semble pourtant simple : une homologation administrative permettrait de mettre fin à cette injustice tout en favorisant une solution écologique immédiatement disponible. En attendant ce feu vert tant attendu, les motards continuent de payer le prix fort, tant pour leur portefeuille que pour l'environnement.



