Aéroport de Montpellier : le double levier pour conquérir le ciel européen
Dans le paysage aéroportuaire européen, où la concurrence fait rage, l'aéroport Montpellier Méditerranée a déployé une stratégie offensive pour attirer de nouvelles compagnies aériennes et densifier son réseau. Sous la direction d'Emmanuel Brehmer, président du Directoire, la plateforme mise sur deux piliers complémentaires : un développement foncier ambitieux et un soutien financier encadré.
Le pari du foncier : une manne pour l'investissement
« Dès le début de mon premier mandat, nous avons souhaité mettre en place une stratégie de diversification de notre chiffre d'affaires, avec de nouvelles redevances extra-aéronautiques, qui ne sont pas dépendantes du trafic », explique Emmanuel Brehmer. Cette approche a permis de créer une source de revenus stable, indépendante des aléas du transport aérien.
Le développement foncier constitue le premier levier majeur. « C'est ce qui nous permet, aujourd'hui, après ces années de commercialisation du foncier, en parallèle à une gestion très rigoureuse par nos équipes, de dégager des résultats financiers très importants », souligne le dirigeant. Ces ressources sont ensuite réinjectées dans le développement de nouvelles lignes aériennes, créant ainsi un cercle vertueux pour l'aéroport.
Un soutien financier légal pour séduire les compagnies
Face à une concurrence européenne féroce – « 450 aéroports en Europe courtisent 4-5 compagnies aériennes » –, Montpellier Méditerranée doit se montrer particulièrement attractif. « Il convient donc d'être le plus attractif et le moins cher ; il faut prouver que l'on est capable d'être profitable à très court terme », insiste Emmanuel Brehmer.
Pour y parvenir, l'aéroport propose un soutien financier aux compagnies, strictement encadré par les directives européennes. « Ce ne sont pas des subventions, c'est un soutien au démarrage pour que la compagnie ait envie de prendre le risque à Montpellier plutôt qu'à Marseille, à Pise ou à Munich », précise-t-il. Ce mécanisme s'applique notamment lors du lancement d'une nouvelle ligne ou de l'installation d'une base, comme ce fut le cas avec Transavia en 2020 et aujourd'hui avec Volotea.
Des deals sur mesure pour les nouvelles lignes
La stratégie se concrétise par des accords sur mesure avec les compagnies. « Pour toutes les ouvertures de lignes, comme avec Aer Lingus pour Dublin, easyJet sur Manchester, on va passer un deal pour essayer, pendant les trois premières années, de soutenir le démarrage de la ligne », détaille le président du Directoire.
Ces investissements sont rendus possibles par l'excédent d'exploitation généré, qui doit également financer les projets d'infrastructure – « près de 50 millions d'euros que l'on a à soutenir dans les 3 à 5 ans » – et les budgets de communication. « Il doit nous rester assez de moyens pour lancer les budgets de communication, mais aussi pour soutenir le développement », conclut Emmanuel Brehmer, affirmant ainsi la viabilité du modèle économique adopté par l'aéroport montpelliérain.



