Un débat récurrent sur la gratuité des transports
Lors de la séance du conseil communautaire de l'agglomération Cannes Pays de Lérins, vendredi 10 avril 2026, l'élue du Cannet, Chantal Chasseriaud, a relancé le débat sur la gratuité progressive des transports en commun. Cette proposition, qui vise à réduire le nombre de véhicules en ville et à lutter contre la pollution tout en aidant les jeunes et les seniors, a été immédiatement rejetée par le président David Lisnard.
Des arguments économiques et pratiques
David Lisnard a fermement rappelé que « la gratuité n'existe pas », soulignant que les coûts sont soit supportés par les usagers, soit par les contribuables. Il a précisé que la mise en place de la gratuité priverait la communauté d'agglomération Cannes Pays de Lérins (CACPL) de 11 millions d'euros de recettes annuelles, des fonds essentiels au développement du réseau de transport.
« Vous ne pouvez pas dire : il faut développer le transport public et avoir 11 millions de moins pour le faire », a-t-il déclaré, ajoutant avec ironie que cela ne serait possible qu'avec des chauffeurs bénévoles et des bus offerts par les constructeurs.
Des préoccupations sociales et sécuritaires
Le président de l'agglomération a également évoqué les problèmes d'incivilités observés dans les villes ayant adopté la gratuité des transports, citant un rapport de la Cour des comptes. Il a insisté sur le fait que le réseau actuel, composé de bus électriques et aux biocarburants – avec des bus à hydrogène vert prévus pour mai – fonctionne bien, avec une fréquentation record de près de 13 millions de voyages en 2025.
David Lisnard a rappelé que la CACPL et les communes accompagnent déjà les personnes en difficulté avec des titres de transport gratuits, et que le service est propre, sécurisé et accessible aux personnes à mobilité réduite.
Une proposition jugée contradictoire
Chantal Chasseriaud avait pourtant souligné les lacunes du réseau, notamment dans certains secteurs du Cannet mal desservis, où les usagers doivent parfois prendre deux ou trois bus pour se rendre à Cannes. Elle appelait à des efforts dans le maillage du réseau.
David Lisnard a qualifié cette intervention de « totalement contradictoire », estimant qu'on ne peut à la fois demander un développement des transports et supprimer une source de financement majeure. Il a conclu en affirmant que chaque service a un coût, et que la gratuité n'est pas une solution viable dans le contexte actuel.



