Ligne Agen-Auch : un avenir ferroviaire compromis par le désintérêt des entreprises
Les partisans de la réouverture de la ligne ferroviaire Agen-Auch viennent de recevoir une mauvaise nouvelle de taille. Les entreprises et les céréaliers des départements du Gers et du Lot-et-Garonne ne souhaitent plus transporter leurs marchandises par le rail, selon les déclarations du vice-président au Transport de la région Occitanie, Jean-Luc Gibelin.
Une consultation sans succès
En visite à Agen le mercredi 15 avril 2026, l'élu a partagé des conclusions pessimistes : « Nous avons interrogé toutes les entreprises gersoises et lot-et-garonnaises. Aucune n'est prête à mettre des marchandises sur ces rails, même pas un gramme. » Cette ligne historique, mise en service en 1865 et longue de 69 kilomètres, relie Agen à Auch en desservant notamment Layrac, Astaffort, Lectoure et Fleurance.
Le trafic voyageurs a été supprimé en 1970, et le fret a cessé d'utiliser cette voie depuis 2016. Malgré la création en 2021 d'un syndicat mixte par les régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, accompagné d'une Semop pour la régénération de la ligne, deux études de consultation n'ont obtenu aucun engagement ferme des entreprises locales.
Des coûts de rénovation prohibitifs
Les obstacles financiers sont considérables. Jean-Luc Gibelin précise : « On parle de 3 à 4 millions d'euros le kilomètre, sans compter ceux de l'électrification. » Le syndicat mixte a été dissous en décembre 2025, et l'absence de perspectives pour le fret assombrit sérieusement l'avenir de cette infrastructure.
Historiquement, en 1985, la ligne acheminait 247 500 tonnes de marchandises, équivalant à environ 6 500 camions par an. Aujourd'hui, la donne a radicalement changé, avec un désintérêt marqué des acteurs économiques.
Une lueur d'espoir pour les voyageurs
Malgré ce contexte défavorable, une possibilité subsiste : la revitalisation de la ligne par le trafic voyageurs. Des trains légers innovants, fonctionnant avec des batteries ou des panneaux photovoltaïques, pourraient être envisagés. Jean-Luc Gibelin exhorte : « C'est au ministère des Transports de prendre ses responsabilités. »
Les enjeux sont multiples :
- Préserver un patrimoine ferroviaire vieux de plus de 150 ans
- Développer des alternatives durables au transport routier
- Relancer la mobilité dans des zones rurales comme le Gers et le Lot-et-Garonne
L'avenir de la ligne Agen-Auch reste incertain, mais les discussions se poursuivent pour explorer des solutions innovantes, malgré les défis économiques et logistiques actuels.



