LGV Bordeaux-Toulouse : un serpent de mer ferroviaire
LGV Bordeaux-Toulouse : un serpent de mer ferroviaire

Le Premier ministre a relancé le projet des lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne, vendredi. Un serpent de mer qui illustre la difficulté de mener à bien et de financer les grands chantiers d’infrastructures de transport comme entre Marseille et Nice.

Un projet relancé après des années d'attente

L’action publique, c’est le temps long. Particulièrement en matière d’infrastructures de transport où les projets avancent davantage au rythme d’une micheline que d’un TGV. Le Premier ministre était à Toulouse jeudi pour relancer le Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest de lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne. « Un projet irréversible », a insisté Sébastien Lecornu en annonçant le lancement des premiers appels d’offres avant la fin du quinquennat. Soit plus de dix ans après la signature de la déclaration d’utilité publique par le gouvernement de Manuel Valls, et neuf ans après la mise en service du tronçon Tours-Bordeaux.

Les partisans prudents

Les partisans du projet restent prudents. En 2017, Nicolas Hulot, alors ministre de l’Écologie, avait mis un coup de frein aux projets de lignes à grande vitesse. Après les avoir remis sur les rails, un autre Premier ministre devenu président de la SNCF, Jean Castex, avait déjà annoncé en 2022 que « plus personne ne pourrait débrancher la prise ». Surtout, l’État et les collectivités doivent encore trouver un accord dans les prochaines semaines sur le financement estimé à 17 milliards d’euros pour ces deux tronçons.

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Un dilemme pour le gouvernement

Un dilemme pour le gouvernement qui veut aussi mobiliser des moyens pour les trains du quotidien. D’autant que d’autres lignes nouvelles sont envisagées : Lyon-Turin, Montpellier-Perpignan et surtout Marseille-Nice dans notre région. La première phase de ce projet de Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA) est engagée avec la construction d’une gare souterraine et d’un tunnel à Marseille. À l’autre extrémité, les travaux de démolition du MIN ont commencé cette semaine pour laisser place à la future gare TGV Nice-Aéroport.

Des échéances lointaines

Entre les deux métropoles, seuls quelques aménagements sont actés du côté de Toulon. Pour le reste, la construction des deux sections à grande vitesse Aubagne-Toulon et Le Muy-Cannes n’est envisagée qu’à l’horizon 2040-2050 pour un coût comparable à celui des lignes du Sud-Ouest. Il faudra donc encore s’armer de patience pour espérer rallier Marseille depuis Nice en 1 h 15. Un temps long qui n’est pas à la hauteur des enjeux de mobilités dans la région, ni à celle de l’urgence climatique. Mais qui illustre la difficulté d’investir dans un pays plombé par ses dépenses de fonctionnement.

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