À Laroque, l'inquiétude grandit face à l'explosion des prix des carburants
Laroque : inquiétude face à l'explosion des prix des carburants

"C'est affolant, on se demande jusqu'où ça va aller" : à Laroque, l'inquiétude des automobilistes face à l'explosion des prix des carburants

Si la plupart des stations-service ont désormais franchi la barre symbolique de 2€ le litre, quel que soit le type de carburant, les automobilistes continuent de se rendre à la pompe par nécessité. "Je n'ai pas le choix, il faut bien travailler", confie Chana, une auxiliaire de vie de Ganges dont le véhicule est l'outil de travail indispensable.

Un impact direct sur le pouvoir d'achat

Le compteur s'arrête à 75€ pour un plein qui ne couvre même pas un réservoir vide. "Et pourtant, je n'étais pas à sec", soupire Chana. Cette quinquagénaire effectue quotidiennement entre 20 et 40 kilomètres pour ses interventions dans différentes communes du sud des Cévennes. Bien que ses déplacements professionnels soient indemnisés à 45 centimes du kilomètre, certains trajets comme les allers-retours pour déjeuner ne sont pas remboursés, lui donnant l'impression de perdre de l'argent malgré son activité.

En ce mardi 7 avril, la station Intermarché de Laroque affiche des prix qui illustrent la tendance générale : le sans-plomb E10 à 2,02€, le sans-plomb 98 à 2,10€ et le gazole à 2,33€. "C'est un peu moins cher qu'à la station voisine", nuance Cécile, une autre automobiliste qui profite paradoxalement de son arrêt maladie pour limiter ses dépenses.

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La dépendance automobile en milieu rural

Le problème fondamental, selon Cécile, réside dans la dépendance à la voiture caractéristique des zones rurales. "Il y a trop peu de transports en commun", explique-t-elle. Son fils, lycéen au Vigan, ne dispose que d'un bus par heure, obligeant parfois sa mère à effectuer des trajets supplémentaires pour l'amener à son entraînement de handball. Face à cette situation, elle rationalise chaque déplacement, combinant par exemple les courses avec les trajets vers le lycée.

Guilhem, directeur de la grotte des Demoiselles à Saint-Bauzille-de-Putois, partage ces préoccupations à double titre. "Je m'inquiète à la fois pour mes déplacements personnels et pour mon activité professionnelle", déclare-t-il. Comme d'autres acteurs du tourisme local, il craint que les visiteurs, contraints d'effectuer des arbitrages financiers, soient moins nombreux, particulièrement pendant les vacances de Pâques qui viennent de commencer pour certaines régions.

Anticipation et adaptation

Un phénomène surprenant est observé par le chauffeur citerne qui recharge la station : "Plus c'est cher, plus les gens mettent de l'essence". Cette stratégie d'anticipation face à une nouvelle montée des prix prévue par certains observateurs s'explique par la crainte de voir les tarifs dépasser les 2,50€ dans un avenir proche.

Guilhem a quant à lui retrouvé les réflexes acquis lors de sa présidence de l'Automobile Club Hérault : "Lever le pied, privilégier une conduite souple, ça permet de consommer moins". Des conseils précieux pour limiter la fréquence des passages à la pompe dans un contexte où chaque économie compte.

Malgré l'absence de pénurie annoncée - "Les cuves sont pleines" selon le chauffeur citerne - et les trois heures d'attente matinales à Fos-sur-Mer pour charger les camions, l'activité reste très variable. Les automobilistes de Laroque et ses environs continuent donc de s'adapter, entre inquiétude et résignation, face à cette flambée des prix directement liée au contexte géopolitique au Moyen-Orient.

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