Italie : la baisse des taxes sur les carburants attire massivement les automobilistes français
La décision du gouvernement italien dirigé par Giorgia Meloni de réduire temporairement les taxes sur les carburants provoque un afflux notable d'automobilistes français à la frontière. Cette mesure, limitée à vingt jours, offre une bouffée d'air aux consommateurs confrontés à la flambée des prix.
Une aubaine financière à la frontière
À Vintimille, les prix à la pompe affichent une différence marquée par rapport à la Côte d'Azur française. La réduction de 25 centimes par litre sur le droit d'accise, annoncée le 18 mars, représente un coût de plus d'un demi-milliard d'euros pour l'État italien. Cependant, pour les automobilistes, c'est une opportunité à saisir.
« Effectivement, le prix est plus bas qu'il y a une dizaine de jours, la baisse se voit », constate Giovanni, artisan local. « Aujourd'hui, je fais le plein de gazole à 1,999 € le litre. » Toutefois, Raffaele, retraité de Vallecrosia, nuance : « Malheureusement, dès l'annonce, les compagnies pétrolières ont augmenté leurs prix de base. La baisse réelle tourne plutôt autour de 10 à 15 centimes. »
Les Français en quête d'économies
Les résidents français de la Côte d'Azur et de la vallée de la Roya profitent activement de cette situation. Elias et Bea, rencontrés sur place, expliquent : « Nous ne sommes pas venus spécialement pour faire le plein, mais tant qu'à être ici, on en profite. C'est nettement plus avantageux qu'à Nice, environ 30 centimes de moins. »
Florence, venue exprès depuis Beausoleil, détaille : « Ce n'est pas très loin et les prix sont devenus trop élevés en France. Ce matin, près de chez moi, le gazole était à 2,229 euros. En venant ici, j'économise environ 15 euros sur un plein. » Même des touristes suisses en séjour à Menton confirment l'attrait : « Les prix sont bien plus bas ici. Finalement, c'est à peu près le même niveau qu'en Suisse. »
Francis Dari, pompiste dans une station Eni, observe : « Depuis une semaine, je vois de plus en plus de voitures immatriculées en France faire la queue. Leur nombre a nettement augmenté et, surtout, la plupart font le plein. »
Un débat qui traverse la frontière
Cette mesure italienne suscite des interrogations et des frustrations côté français. Stéphanie, habitante de Nice, s'interroge : « Je ne comprends pas pourquoi l'Italie peut se le permettre et pas nous, alors que nous avons une dette publique comparable. Ce n'est pas juste. » Cette opinion est largement partagée parmi les automobilistes français rencontrés, qui plaident pour une initiative similaire en France.
La hausse récente des prix des carburants, attribuée aux tensions géopolitiques liées à la guerre en Iran, a accentué la pression sur les budgets des ménages. La décision italienne apparaît ainsi comme une réponse politique directe à cette crise.
Vintimille confirme ainsi son statut de destination privilégiée pour les Azuréens, au-delà des traditionnels achats de cigarettes ou d'alcool. Cependant, cette aubaine est temporaire : il ne reste qu'une dizaine de jours pour en bénéficier, rappelant le caractère éphémère de ces mesures de soutien.



