Hausse des tarifs des bacs de l'estuaire dès le 1er avril face à la flambée du carburant
Hausse des tarifs des bacs de l'estuaire en avril

Une augmentation ciblée des tarifs des bacs pour absorber la flambée du carburant

À partir du 1er avril, plusieurs tarifs pour la traversée de l'estuaire en bac connaissent une hausse significative, notamment pour les passagers, les camping-cars et les vélos, tandis que d'autres restent stables. Cette décision du Conseil départemental fait directement écho à l'emballement des cours du pétrole, exacerbé par la guerre dans le golfe Persique, qui a entraîné une forte augmentation du coût du gazole.

Le choc des prix du carburant : de 57 à 80 centimes le litre

Thierry Pairault, directeur des transports maritimes au Conseil départemental, a vu le prix du litre de gazole destiné aux bacs passer de 57 centimes (hors taxes) fin 2025 à 80 centimes à la mi-mars 2026. Cette hausse de près de 40 % pèse lourdement sur le budget de la Direction des transports maritimes départementaux, où l'approvisionnement en carburant représente 6,5 % des dépenses totales.

Pour maintenir l'équilibre financier sans trop pénaliser les usagers réguliers, le Département a opté pour une augmentation sélective des tarifs. Ainsi, les passagers adultes verront leur ticket passer de 5 à 7 euros en haute saison (et de 3 à 5 euros en basse saison), les camping-cars de 55 à 65 euros (45 à 50 euros en basse saison), et les vélos de 2 à 3 euros.

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Stabilité pour les usagers habituels et mesures sociales préservées

En revanche, plusieurs tarifs demeurent inchangés, offrant un répit aux clients les plus fidèles. Les prix pour les voitures, les motos, ainsi que les cartes d'abonnement ne bougent pas. De plus, les tarifs « sociaux » pour les personnes en situation de précarité et la gratuité pour les accompagnants de personnes en situation de handicap sont maintenus, soulignant l'engagement du service public envers l'accessibilité.

Cette stratégie vise à faire porter le surcoût principalement sur les touristes, qui représentent une part cruciale des recettes estivales. Par exemple, début août, la ligne Le Verdon-Royan génère plus de 6 000 euros pour 115 voitures et 400 passagers, contre seulement 530 euros début décembre pour 21 voitures et 36 passagers.

Une nécessité budgétaire et des perspectives d'avenir

Jean Galand, vice-président du Conseil départemental en charge des mobilités, insiste sur l'absence d'alternative : « On n'a pas d'autre solution que d'augmenter les prix. Nous ne bénéficions d'aucune subvention, nous avons l'obligation légale d'équilibrer notre budget et nous devons constituer une réserve financière pour le renouvellement de notre flotte. »

Thierry Pairault écarte quant à lui le risque d'un détournement des touristes, arguant que contourner les bacs par la rocade de Bordeaux serait plus coûteux en temps et en argent. En arrière-plan, le Département envisage à terme une transition vers des bateaux à motorisation hybride, une évolution qui pourrait modérer les coûts à l'avenir.

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Chiffres clés du trafic en 2025

  • 11 430 traversées ont été effectuées, avec 60 % sur la ligne Le Verdon-Royan et 40 % sur la ligne Blaye-Lamarque.
  • 1,3 million de passagers ont été transportés, dont 82 % sur la ligne Le Verdon-Royan.
  • Le budget de la Direction des transports maritimes s'élève à 15,5 millions d'euros.