Guerre en Iran : les passagers du monde entier bloqués par la paralysie des hubs aériens du Golfe
Guerre en Iran : les passagers bloqués par la paralysie des hubs du Golfe

Guerre en Iran : les passagers du monde entier bloqués par la paralysie des hubs aériens du Golfe

Après les attaques contre l'Iran et les représailles de la République islamique contre des monarchies du Golfe et Israël, les espaces aériens de nombreux pays ont été fermés et des milliers de vols annulés. Par ricochet, des passagers du monde entier se retrouvent bloqués, payant le prix d'un système aérien mondialisé centré sur les hubs du Golfe.

Une détresse mondiale amplifiée par les réseaux sociaux

Dans un premier temps, les moqueurs se sont réjouis face aux influenceurs en larmes et aux touristes coincés à Dubaï, y compris le ministre de la Défense italien ou le directeur de la rédaction du magazine Valeurs actuelles. Puis les réseaux sociaux ont relayé une détresse plus globale : la guerre en Iran, qui bloque le trafic aérien sur tous les aéroports du Moyen-Orient, révèle une réalité du tourisme mondialisé.

Tout ce qui frappe Dubaï, Abou Dhabi et Doha frappe en réalité le monde entier. Ces trois villes se livrent une concurrence effrénée depuis vingt ans pour capter le trafic aérien international avec leurs compagnies publiques respectives : Emirates, Etihad et Qatar Airways.

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L'impact colossal des trois géants du Golfe

Ce ne sont pas seulement les influenceurs fuyant les impôts ou les touristes attirés par les centres commerciaux climatisés qui trinquent. Globalement, 90 000 passagers utilisent chaque jour les services de ces trois compagnies aériennes. Dubaï est devenue depuis longtemps l'aéroport international le plus puissant du monde, et leur blocage a des effets dans tous les pays.

C'est le prix du hub, le prix de l'efficacité développée en théorème par Emirates, qui se retourne aujourd'hui contre tous ses passagers. Pour comprendre pourquoi des voyageurs sont bloqués à Bali ou à Hong Kong, il faut revenir à l'histoire du hub, longtemps considéré comme le nec plus ultra par les compagnies aériennes.

Le système des hubs : efficacité et vulnérabilité

Un hub aérien est un aéroport assez important pour desservir un grand nombre de destinations. Une compagnie qui crée un hub bâtit tout son programme de vols pour y amener le maximum de gens, leur permettant de prendre une correspondance vers leur destination finale.

  • C'est moins pratique qu'un vol direct : le voyageur perd du temps avec l'escale
  • Mais le billet est moins cher car tous les avions sont pleins
  • Le système est globalement plus efficace

Créé par les compagnies américaines dans les années 1970 pour leurs vols intérieurs, le système a été étendu à l'international. Les voyageurs venant d'Asie volaient jusqu'à Paris, Francfort, Amsterdam ou Londres pour changer de vol vers l'Amérique ou l'Afrique.

La révolution des compagnies du Golfe

Puis les compagnies du Golfe sont arrivées avec des moyens énormes, poussant le système à son maximum :

  1. Création d'aéroports spectaculaires pour occuper les passagers
  2. Remplissage d'avions de plus en plus gros (Airbus a créé l'A380 pour cet objectif)
  3. Imposition au firmament du monde aérien

Ce qui semblait absurde il y a vingt ans pour un Européen – transiter à Dubaï ou Doha pour se rendre en Asie ou en Afrique – est devenu anodin. Le développement d'Emirates, Qatar Airways et Etihad a accompagné le tourisme de masse vers la Thaïlande et Bali, aidant ces villes du Golfe à devenir des destinations touristiques improbables mais désirables.

Les conséquences immédiates pour les voyageurs

Évidemment, les voyageurs ne pouvaient imaginer qu'en allant à Saïgon ou New Delhi via le Golfe, ils pourraient se retrouver prisonniers d'une guerre en Iran. Il est impossible de savoir aujourd'hui quand les liaisons pourront reprendre normalement.

En attendant, ceux qui sont coincés en Asie ou en Afrique n'ont que deux solutions :

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  • Prolonger leur séjour sur place en payant eux-mêmes l'hôtel (cas de force majeure)
  • Trouver un billet sur une compagnie qui pourra les ramener directement en Europe, vendu au prix fort car les places sont rares sur les vols directs

Un système remis en question

Si le conflit en Iran dure, les pertes financières seront monstrueuses pour les compagnies du Golfe et pour les États qui les possèdent. Cela pourrait remettre en question tout ce Meccano patiemment bâti au fil des ans par leurs promoteurs.

La prochaine fois, peut-être que les voyageurs choisiront de payer un peu plus cher, mais de prendre un vol direct. Ils y gagneront du temps et, en plus, ils pollueront moins. Ce sera au moins ça de gagné dans un système aérien mondial dont la vulnérabilité vient d'être cruellement exposée.