Grève imminente dans les bus Tango de Nîmes
À quelques semaines des élections municipales, la tension monte d'un cran dans les transports en commun nîmois. La CGT des bus Tango a officiellement déposé ce jeudi 26 février un préavis de grève reconductible qui prendra effet à partir du 4 mars prochain. Le syndicat dénonce avec virulence une organisation du travail qu'il juge dangereuse pour le personnel et profondément insatisfaisante pour les usagers.
Une organisation du travail remise en cause
La nouvelle organisation mise en place par Kéolis Nîmes Métropole depuis septembre 2025 est au cœur du conflit. Michaël Gouvernet, délégué syndical CGT, ne mâche pas ses mots : "Au nom d'un levier de la compétitivité, Kéolis a mis en place de nouvelles rotations et nous demande de faire autant mais avec moins. On a enlevé 14 services tout en demandant la même qualité de service."
Les conséquences de cette réorganisation sont multiples selon le syndicat :
- Suppression des temps "tampon" entre les rotations
- Réduction d'une rotation sur la ligne T2
- Diminution du nombre de véhicules sur les lignes 9 et 15
- Dégradation générale des conditions de travail
Des bus saturés et une clientèle refusée
La situation décrite par la CGT est alarmante. "Les bus sont pleins. Il nous arrive de refuser la clientèle faute de place", explique Michaël Gouvernet. Cette saturation génère selon lui une cascade de problèmes : surcharge des véhicules, retards accumulés sur les lignes, et une mécontentement croissant parmi les usagers.
"Les cadences sont infernales, la clientèle est mécontente. Il y a des heures où ce qui se passe est inadmissible", insiste le délégué syndical, qui parle ouvertement d'"alarme sociale".
Des revendications précises et un calendrier serré
Face à cette situation, la CGT formule des demandes concrètes :
- Le retour des créneaux supprimés sur les lignes les plus impactées
- La mise en place de ces mesures dès septembre prochain
- Le maintien des anciens véhicules dans le parc roulant
"On ne demande pas la lune", tempère Michaël Gouvernet, tout en précisant que le syndicat a déjà rencontré Franck Proust, premier adjoint de Nîmes et président de Nîmes Métropole, et prévoit de s'entretenir avec les candidats aux élections municipales ainsi qu'avec les associations de quartier.
La réponse de la direction et des élus
Contactée, la direction de Kéolis se veut rassurante. Elle annonce qu'elle recevra à nouveau les représentants CGT "pour échanger avec eux", tout en minimisant les changements récents : "Il n'y a pas de modifications substantielles ces derniers temps sur le réseau. Certaines courses ont été rééquilibrées, sans compter les investissements faits par la collectivité sur la T5."
La direction justifie ces ajustements par l'évolution naturelle de la circulation urbaine : "La circulation d'une ville change d'une année à l'autre, il nous faut nous adapter aux usages."
Du côté des élus, Jean-Marc Campello, en charge des Transports pour Nîmes Métropole, a confirmé qu'il recevrait également la CGT la semaine prochaine, ouvrant ainsi une fenêtre de dialogue dans un contexte électoral particulièrement sensible.



