Glissement de terrain en Dordogne : la ligne ferroviaire Périgueux-Niversac coupée depuis février
Glissement de terrain coupe la ligne Périgueux-Niversac en Dordogne

Un glissement de terrain bloque la ligne ferroviaire Périgueux-Niversac depuis février

La circulation ferroviaire entre Périgueux et Niversac, en Dordogne, est totalement interrompue depuis le 17 février dernier. Cet arrêt brutal fait suite à un important glissement de terrain survenu à Sanilhac, où un talus gorgé d'eau s'est effondré sous son propre poids.

Un effondrement imprévisible qui emporte le talus

Le phénomène a emporté le mur de soutènement et une vingtaine de mètres de talus, déversant environ 300 mètres cubes de terre et de débris sur les deux voies de la SNCF. Cet endroit, situé à la sortie de Périgueux, est particulièrement stratégique puisque toutes les lignes en direction de Niversac, commune de Boulazac-Isle-Manoire située à 11 kilomètres, y passent. À Niversac, les voies se séparent : l'une mène vers Brive, l'autre vers Agen.

La fermeture de ce tronçon impacte directement le trafic vers les préfectures de la Corrèze et du Lot-et-Garonne, créant des perturbations significatives dans les déplacements régionaux.

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« Il n'y avait pas d'alerte » selon SNCF Réseau

Interrogé sur la possibilité d'avoir anticipé cet effondrement, Jean-Luc Gary, directeur régional de SNCF Réseau, répond catégoriquement : « Non, il n'y avait pas d'alerte ». Il explique cette situation par les conditions météorologiques exceptionnelles des derniers mois : « Ça fait deux mois qu'il pleuvait, on a eu deux tempêtes successives… Le réseau ferré est soumis en ce moment, du fait des intempéries, des épisodes météorologiques plus fréquents et violents, à des phénomènes qu'on ne peut pas prévoir et qui fragilisent des ouvrages de ce type-là. »

Études en cours pour des travaux de confortement

Une fois la zone sécurisée, Infrapôle Aquitaine, l'établissement chargé de la maintenance et des travaux sur le réseau, s'est immédiatement mis au travail. Des relevés topographiques ont été réalisés dès le lundi 23 février, avec des résultats attendus dans les prochains jours. En parallèle, des études de confortement ont été lancées pour déterminer la meilleure approche de réparation.

Philippe Dupuis, directeur adjoint d'Infrapôle Aquitaine, précise l'objectif : « On doit refaire le talus pour éviter qu'il ne tombe à nouveau ». L'entreprise NGE, mandatée par Infrapôle, a déjà commencé les préparatifs du chantier en retirant 100 mètres cubes de décombres et en protégeant les voies contre d'éventuelles détériorations liées aux travaux futurs.

Les travaux devraient consister principalement à :

  • Implanter des gabions (casiers contenant des pierres) au pied du talus
  • Reconstituer le talus lui-même
  • Appliquer un « masque drainant » pour permettre à l'eau de s'écouler plutôt que de s'accumuler

Des bus de substitution pour pallier l'interruption ferroviaire

Face à cette situation, SNCF Réseau a pris la décision d'interdire toute circulation ferroviaire sur ce tronçon. La voie située du côté de l'éboulement est bien sûr interdite, et l'autre voie « ne permet pas d'organiser des circulations en contresens » selon l'entreprise.

Une douzaine de bus de substitution quotidiens ont donc été mis en place pour assurer la continuité du service. Cependant, Philippe Huguet, en charge des TER, souligne les inconvénients de cette solution : « Sauf que le trajet qui se fait normalement en train en dix minutes prend presque une heure. Quelqu'un qui viendrait de Brive pour se rendre à Bordeaux devra prendre la correspondance suivante. »

Ce plan de délestage fonctionne pour les trajets vers Brive, car les liaisons entre Brive et Niversac restent opérationnelles. En revanche, « on n'a pas cette possibilité-là côté Agen », reconnaît Philippe Huguet. « Donc on est sur du 100 % bus », avec environ quatre bus par jour, et un peu plus le vendredi.

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Aucun délai connu pour un retour à la normale

Pour l'instant, aucun responsable ne se risque à donner un délai précis pour le retour à une circulation ferroviaire normale. Les études en cours doivent permettre de déterminer l'ampleur exacte des travaux nécessaires et leur calendrier de réalisation. Les usagers devront donc patienter avec le système de bus de substitution jusqu'à ce que les travaux de confortement du talus soient complétés et que la sécurité du site soit pleinement rétablie.