EasyJet à Nice : un été satisfaisant, la fiscalité inquiète
EasyJet à Nice : un été satisfaisant, la fiscalité inquiète

Reginald Otten, directeur général adjoint d'easyJet pour la France et directeur général Afrique du Nord, a accordé une interview à nos confrères de Nice-Matin (propos recueillis par J.B, Julie Baudin, publiés le 21 septembre 2026). Il y dresse le bilan de l'été 2026 au départ de Nice, évoque les perspectives de la compagnie et alerte sur le poids croissant de la fiscalité française.

Un été actif mais des réservations tardives

« L'été a été assez actif et parsemé d'événements. Malgré cela, on est assez satisfaits du résultat à date », confie Reginald Otten. Il précise ne pas pouvoir encore donner les chiffres de passagers, l'année n'étant pas terminée. « En revanche, on n'est pas en retrait par rapport à 2025 en termes de demandes. C'est simplement que la forme a été différente : les réservations ont été beaucoup plus tardives. »

Cette tendance s'est accentuée cette année dans un contexte d'incertitude géopolitique et économique. « Les Français réservent traditionnellement plus tard que les autres Européens », rappelle-t-il.

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Des nouvelles habitudes et des nouveautés prometteuses

Interrogé sur les nouvelles habitudes des voyageurs, notamment avec les fortes chaleurs de l'été, Reginald Otten note « davantage de réservations vers le Royaume-Uni au départ de la France et notamment de Nice. On n'avait pas vu ça avant. C'est quelque chose qu'on va suivre, qu'on va étudier et analyser pour l'année prochaine. » Il évoque une possible recherche de destinations plus fraîches, la « coolcation ».

Au départ de Nice, les deux nouveautés de l'été, Cagliari et Funchal (Madère), ont bien démarré. Pour l'arrière-saison, easyJet enregistre une hausse de 3% des réservations sur septembre et octobre par rapport à l'année dernière. La demande porte notamment sur des city-breaks comme Prague ou Madrid, mais aussi sur des destinations où il fait chaud sans être trop chaud. L'Égypte est en forte croissance, et à partir du 20 octobre, la compagnie lancera une liaison directe entre Nice et Le Caire, avec deux vols par semaine. « C'est une première pour Nice », souligne-t-il. Le Maroc, notamment Agadir, est également très demandé.

Une légère baisse de capacité pour l'hiver

Pour l'hiver, easyJet annonce une légère baisse de capacité à Nice. « L'hiver est une période plus fragile pour les compagnies aériennes. Le contexte géopolitique reste aussi incertain et les réservations sont tardives, ce qui rend les prévisions plus difficiles », explique Reginald Otten. La compagnie continue néanmoins d'investir sur certaines lignes : Marrakech sera renforcée, et la ligne Paris-Orly-Nice restera particulièrement importante, avec jusqu'à huit vols par jour cet hiver, ainsi que 2 à 3 vols par jour vers Paris-Charles-De-Gaulle selon les périodes. « Nice reste une plateforme très importante pour easyJet », insiste-t-il.

Le prix des billets et la fiscalité en question

Face aux plaintes des Azuréens sur le prix des billets, Reginald Otten rappelle que « les coûts sont aujourd'hui le sujet le plus important pour les compagnies aériennes ». Il cite le carburant, les taxes et les coûts aéroportuaires. « En France, la taxe sur les passagers est passée de 2,40 à 7,50 euros, soit plus du triple. Nous avons absorbé une partie de ces hausses pour limiter leur impact sur les prix. »

L'impact fiscal est particulièrement important sur les vols domestiques, puisque la taxe s'applique aux départs comme aux retours. « En haute saison, au moment des vacances, la demande fait toujours que les prix sont un peu plus élevés », ajoute-t-il.

Concernant l'attractivité de Nice, il alerte : « Nice est une plateforme très importante, mais elle est aussi en concurrence avec les autres destinations européennes. Aujourd'hui, les Français voyagent davantage à l'étranger et nous devons rester compétitifs. La fiscalité représente un coût important pour les compagnies aériennes et nous avons déjà absorbé une partie des hausses. Notre message est surtout de ne pas ajouter de nouvelles taxes, car nous ne pourrons pas absorber indéfiniment ces augmentations. Cela concerne toute la chaîne touristique. »

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Des retards encore présents à Nice

Sur les retards et difficultés dans le ciel français, Reginald Otten constate « du mieux sur Nice cet été, notamment concernant les problèmes liés au contrôle aérien ». Des recrutements de contrôleurs et des améliorations dans les procédures de suivi ont eu lieu, mais « il reste encore un manque de contrôleurs et il faut continuer à travailler sur ce sujet ». Il rappelle que Nice est un aéroport très saturé en haute saison, et que la météo ou les mouvements sociaux peuvent également avoir un impact.

Pour y remédier, easyJet a ajouté un avion de réserve à Nice pendant l'été. « C'était un investissement pour pouvoir remplacer un appareil immobilisé et éviter que cela entraîne des annulations ou davantage de retards pour les passagers », conclut-il.