Contournement ferroviaire de Perpignan : la SNCF face à une opposition unanime
Contournement ferroviaire de Perpignan : opposition unanime

Mercredi soir, une réunion publique au Soler (Pyrénées-Orientales) a mis en lumière le profond désaccord entre la SNCF et les acteurs locaux autour du projet de contournement ferroviaire de l'agglomération de Perpignan. Ce tronçon, censé relier la future ligne à grande vitesse Montpellier-Perpignan à la voie existante vers Barcelone, est présenté comme indispensable par le maître d'ouvrage, mais rejeté en bloc par les collectivités, associations et habitants.

Un projet contesté dès le départ

La concertation, organisée dans le cadre du projet de LGV entre Montpellier et Perpignan, visait à discuter du contournement de Perpignan. Mais pour les opposants, il s'agit d'une simple formalité. La salle était comble, chacun attendant de connaître les détails du chantier estimé à 800 millions d'euros par la SNCF, mais qui pourrait atteindre 1,5 milliard selon certaines sources. Le tracé impacterait directement une dizaine de communes, dont Baho, Peyrestortes et Le Soler, menaçant terres cultivables et paysages.

Stéphane Lubrano, directeur du projet LGV Montpellier-Perpignan pour Réseaux SNCF, a défendu la nécessité du contournement : « Dans les années à venir, la demande de fret ferroviaire va tripler entre la France et l'Espagne. Ce contournement désengorgera la gare de Perpignan et développera le trafic voyageurs. » Mais ses arguments n'ont pas convaincu une assistance unanimement hostile.

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Une opposition déterminée

Armelle Revel-Fourcade, maire du Soler, a annoncé le recours à un cabinet d'expertise international pour évaluer le projet : « Nous allons saisir un cabinet international pour valider ou non cette solution. » Elle a rappelé les votes défavorables de son conseil municipal et la position locale résolument contre le dossier. Louis Aliot, président de Perpignan Méditerranée Métropole, a affirmé : « Tous les maires des communes impactées sont contre. Ils ne laisseront pas saccager leur terroir et leur village. » Il prévoit de réunir prochainement les élus concernés.

Jean Marc Pujol, ancien maire de Perpignan, a mis en garde contre les cabinets d'étude économique, rappelant la faillite de la société d'exploitation du tunnel ferroviaire sous les Pyrénées. Il se dit convaincu que ce projet ne verra jamais le jour.

Des craintes multiples

Les opposants dénoncent une mise à sac des terres cultivables et des villages, pour un projet jugé inutile. Un habitant a lancé : « Que va nous rapporter ce contournement ? » Une mère de famille a critiqué le manque de concertation : « On nous avait parlé d'une phase de concertation, mais c'est plutôt une présentation imposée. » Un autre opposant a comparé ce projet à la ligne à très haute tension Baixas-Bescano, finalement abandonnée il y a 25 ans : « Ils ont fini par capituler. Ce sera la même partition. »

La gare TGV de Perpignan, dite Centre del Mon, pourrait se retrouver à l'écart du nouveau tracé, ne recevant que quelques trains, tandis que le gros du trafic filerait vers Barcelone via le contournement. Un scénario redouté par les élus et les riverains.

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