La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, a annoncé ce mercredi 16 septembre le lancement d'un appel d'offres pour la construction d'un centre de maintenance des trains régionaux à Colombiers, dans la zone d'activité Riquet. Ce choix écarte le site du dépôt SNCF de Béziers, au Capiscol, défendu par les Cheminots depuis plusieurs mois. Le futur équipement doit accueillir les 18 nouveaux trains régionaux Regio2N, livrés progressivement à partir de l'été 2027, avec une livraison du site envisagée fin 2028.
Un choix motivé par des délais et des terrains déjà constructibles
La Région justifie sa décision par un souci de calendrier. Les terrains de la zone d'activité Riquet, dont elle est propriétaire, sont déjà constructibles et les autorisations ont été obtenues. Le site permettra « d'envisager une livraison du site fin 2028 et d'accueillir rapidement les nouveaux trains », indique le communiqué. Autre argument mis en avant : la connexion directe à la ligne Colombiers-Maureilhan, pour favoriser le développement du transport de marchandises.
Les Cheminots de Béziers plaidaient depuis des mois pour une étude de faisabilité sur le dépôt industriel du Capiscol, qui doit compléter les centres de Toulouse et Nîmes, aujourd'hui saturés. Ils avaient annoncé avoir obtenu cette étude, mais cette option semble désormais écartée.
Des réactions partagées dans le Biterrois
Nicolas Midague, délégué CGT des Cheminots de Béziers, « acte la position de la présidente de Région en faveur du site central de Montady malgré le fait que celui de Béziers cochait beaucoup de cases et qu'il a besoin d'emplois industriels ». Il souligne que « d'autres structures peuvent être accueillies, comme un atelier de réparation de rames accidentées ». Depuis la fermeture annoncée du dépôt de Béziers il y a 33 ans, les effectifs sont passés de 400 à 40 personnes. « Il faut voir le verre à moitié plein », ajoute-t-il.
Julien Rader, secrétaire général de l'Union locale de la CGT et cheminot, est plus nuancé : « La SNCF traînait des pieds pour l'étude de faisabilité au Capiscol, il aurait fallu 2 ans pour les études environnementales. Mais à Colombiers, il va falloir électrifier, cisailler les voies principales, ça complexifie la chose ». Pour lui, « le choix de Carole Delga est donc une bonne nouvelle pour l'emploi, pas pour la cohérence du site ».
Des conséquences pour le foncier et de nouvelles perspectives
Le maire de Colombiers et président de la Domitienne, Alain Caralp, voit dans cette annonce une nécessité d'adaptation : « Il faut qu'on reprenne le travail avec ECM – sous-traitant de Genvia qui devait s'installer sur ce même foncier –. Il faudra relocaliser mais ce n'est pas un problème car nous avons 23 hectares à Via Europa, à la sortie de l'autoroute ». Il souligne que « c'est une bonne nouvelle, car il y aura des emplois techniques créés » et rappelle qu'il s'agit du seul terrain « embranché fer » disponible.
Alain Caralp doit rencontrer Carole Delga la semaine prochaine pour évoquer également la possibilité d'une gare à Nissan, dans le cadre de la future ligne nouvelle, un dossier indépendant du premier. Le centre de maintenance de Colombiers doit donc créer des emplois techniques et renforcer l'offre de transport régional, malgré les réserves exprimées sur la cohérence du site.



