Béziers et le défi climatique : une transition écologique en panne
À quelques mois des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, la question de la réduction des émissions de dioxyde de carbone (CO2) agite Béziers. Malgré des initiatives municipales et intercommunales, la ville méditerranéenne accumule les retards dans le développement des mobilités douces. Pédaler ou emprunter le bus reste un parcours semé d'embûches pour de nombreux habitants.
Un réseau de transports en commun en pleine restructuration
L'Agglomération Béziers Méditerranée, compétente en matière de transports, mène depuis plusieurs mois une refonte complète du réseau. Géré par RATP Dev depuis août, celui-ci connaît des modifications de tracés, d'horaires et d'arrêts. Le projet phare reste la ligne de Transport en Commun en Site Propre (TCSP), une colonne vertébrale destinée à traverser la ville du Faubourg à la Méridienne.
"Cette ligne A étendue sera opérationnelle en juillet prochain", confirme Michel Ramondou, responsable des grands travaux pour la Ville et l'Agglo. Long de 12 kilomètres, ce tracé comptera 33 arrêts dans chaque sens, avec une fréquence de passage toutes les dix minutes aux heures de pointe. Il sera notamment équipé des premiers bus à hydrogène, dont la livraison est prévue cet été.
Pourtant, sur le terrain, les usagers dénoncent des dysfonctionnements persistants. "Pour aller de la Devèze à la gare, c'est compliqué", témoigne un habitant. "Il n'y a que la ligne A qui dessert la gare en passant par Auchan, Jean Moulin, les Allées, le Polygone… Ce qui prend environ 45 minutes." La ligne B, plus directe, ne dessert plus la gare, complexifiant les trajets quotidiens.
Le vélo, parent pauvre des politiques urbaines
Le constat est tout aussi sévère pour les cyclistes. Le Baromètre vélo 2025, publié par la Fédération des usagers de la bicyclette (Fub) sur la base de 125 contributions, place Béziers en queue de peloton national. La ville obtient la note G (très défavorable) pour sa politique cyclable, avec des mentions particulièrement basses en matière de sécurité, de confort et d'efforts municipaux.
"Béziers reste en peloton de queue parmi les villes de sa catégorie", déplore Roselyne Démery, présidente de l'association Velociutat Béziers. Les cyclistes pointent du doigt le manque de pistes, leur étroitesse et leur absence de connexion. Des tronçons comme ceux de l'avenue du 22-Août ou du boulevard de la Liberté sont jugés peu pratiques et dangereux.
Face à ces critiques, Michel Ramondou rappelle les actions engagées : "Chaque fois que l'on fait des travaux, nous créons des pistes cyclables", cite-t-il en exemple les boulevards de Verdun et Tourventouse. Il évoque également la généralisation des zones limitées à 30 km/h dans les rues étroites du centre-ville pour favoriser un meilleur partage de la voirie.
Les propositions des candidats pour une ville plus verte
À l'approche du scrutin, les prétendants à la mairie dévoilent leurs projets en matière de mobilité et d'environnement.
- Thierry Antoine (Le Printemps de Béziers) promet d'améliorer significativement le service des bus, de créer des parkings périphériques gratuits et de mettre en place un réseau de pistes cyclables cohérent.
- Julien Gabarron (RN) mise sur un plan quinquennal de réfection de la voirie incluant les mobilités douces, la création d'îlots de fraîcheur et un vaste chantier de désimperméabilisation des sols.
- Robert Ménard (soutenu par LR) défend une écologie non punitive, rappelant les parkings construits, les 5 000 arbres plantés et le développement des voies cyclables. Il met en avant la future ligne de bus à hydrogène.
- David Ocard (LFI) propose de rénover les trottoirs, sécuriser les traversées piétonnes et installer des parkings de délestage avec navettes gratuites. Il souhaite renforcer la végétalisation et la rénovation énergétique des bâtiments municipaux.
- Thierry Mathieu (sans étiquette) juge le réseau de transports public "catastrophique" et promet une réorganisation complète, avec des bus gratuits, ponctuels et mieux répartis, ainsi que la création de cheminements piétons et cyclables sécurisés.
Alors que la ligne TCSP doit devenir opérationnelle cet été, les Biterrois attendent des actes concrets pour faciliter leurs déplacements et réduire l'empreinte carbone de leur ville. Les municipales de 2026 s'annoncent comme un rendez-vous crucial pour l'avenir écologique de Béziers.



