Transition électrique au ralenti : 91% du parc automobile français reste thermique
91% des voitures françaises toujours thermiques malgré 2035

La transition électrique française peine à décoller

Alors que l'Union européenne vise l'interdiction des ventes de véhicules thermiques neufs d'ici 2035, la réalité du parc automobile français montre une transition bien plus lente que prévu. Au 1er janvier 2024, sur les 39 millions de véhicules en circulation dans l'Hexagone, une écrasante majorité de 91% fonctionne encore avec des moteurs thermiques traditionnels.

Un marché dominé par les SUV et des prix en hausse

Le marché des véhicules neufs révèle des tendances préoccupantes pour la transition énergétique. Les SUV représentent désormais 59% des ventes, confirmant leur domination sur le marché français. Les citadines, autrefois reines des ventes, ne représentent plus que 23,9% des immatriculations, en net recul par rapport aux 35% enregistrés il y a seulement cinq ans. Les berlines traditionnelles se maintiennent péniblement à 3,5% des parts de marché.

Le prix moyen d'une voiture thermique neuve atteint désormais le seuil symbolique des 36 000 euros, une augmentation significative qui pèse sur le pouvoir d'achat des ménages français. Cette hausse des prix s'explique en partie par l'inflation des matières premières, notamment l'acier dont le prix a doublé entre 2020 et 2023, passant de 1 400 à 2 800 euros la tonne.

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Les coûts cachés de la possession d'un véhicule thermique

Au-delà du prix d'achat initial, posséder une voiture thermique génère des dépenses annuelles considérables. Pour un véhicule consommant 7 litres aux 100 kilomètres et parcourant 15 000 kilomètres par an avec un carburant à 1,50 euro le litre, le budget carburant seul s'élève à environ 1 575 euros annuels.

S'ajoutent à cette dépense obligatoire :

  • L'assurance automobile, oscillant entre 500 et 1 000 euros par an selon les profils
  • Les frais d'entretien régulier, estimés entre 300 et 600 euros annuels
  • Les équipements optionnels, représentant un investissement supplémentaire de 1 000 à 2 000 euros

L'explosion du marché de l'occasion comme alternative

Face à ces coûts croissants, le marché de l'occasion connaît un véritable essor. En 2024, 5,5 millions de voitures d'occasion ont trouvé preneur, contre seulement 1,75 million de véhicules neufs. Le prix moyen d'une voiture d'occasion s'établit à 21 000 euros, en baisse de 7% sur un an.

Cette attractivité du marché de l'occasion s'explique par la dépréciation rapide des véhicules neufs, qui perdent en moyenne 25% de leur valeur dans les un à deux premières années. Pour les petits rouleurs et les budgets serrés, l'achat d'un véhicule d'occasion représente donc une alternative économiquement rationnelle.

Un défi majeur pour les objectifs climatiques

Ces chiffres soulignent l'ampleur du défi que représente la transition vers une mobilité décarbonée. Alors que la France s'est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, la persistance massive des véhicules thermiques dans le parc automobile national constitue un obstacle significatif.

La domination des SUV, généralement plus lourds et plus consommateurs que les véhicules plus compacts, complique encore la réalisation des objectifs environnementaux. Les politiques publiques devront donc redoubler d'efforts pour accélérer le renouvellement du parc automobile et favoriser l'adoption des véhicules électriques et autres alternatives propres.

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