Archives : En 1983, la SNCF lance le cinéma dans ses trains, une innovation voyageuse
1983 : La SNCF invente le cinéma dans le train, une première

Dans les archives : Le jour où la SNCF a fait monter le cinéma à bord de ses trains

Le 16 mars 1983, la presse était conviée à une expérience inédite : découvrir le nouveau service de cinéma proposé par la SNCF dans certains de ses trains. Un récit captivant entre Angoulême et Bordeaux, tiré des archives de l'époque, révèle cette innovation audacieuse.

Une innovation tardive mais bienvenue

La SNCF, lassée de la routine, a décidé d'innover pour choyer sa clientèle en introduisant le cinématographe dans ses rames. Une décision heureuse, bien que tardive. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour que le cinéma prenne le train en marche, alors qu'il voyageait déjà dans les airs depuis des années ? Une question qui intrigue.

Ce mariage entre le cinéma et le train semble pourtant naturel. Des classiques comme Le Mécano de la générale à Le Train sifflera trois fois, le chemin de fer a largement inspiré le septième art. D'ailleurs, l'idée du travelling ne serait-elle pas née du spectacle des paysages défilant derrière la fenêtre d'un compartiment ?

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Les débuts d'une expérience pionnière

Il a fallu attendre l'automne 1982 pour que la SNCF lance un essai sur la ligne Paris - Bourg-Saint-Maurice. Une voiture spéciale, sans fenêtres, de couleur orange et tête-de-nègre, a été construite. Élargie par des effets de miroirs, elle comprenait 42 fauteuils et 14 strapontins fixés sur un plan incliné, offrant une vue optimale sur l'écran, comparable à celle d'une salle de cinéma traditionnelle.

Après cinq mois, l'expérience s'est déplacée sur la ligne Paris-Hendaye. Le 16 mars 1983, les journalistes ont été invités à un test, permettant de visionner la fin de La Boum 2 entre Angoulême et Bordeaux.

Les détails techniques et pratiques

L'écran, mesurant 1,10 m sur 1,50 m, était adapté aux proportions de cette salle roulante. Les projections en 16 et 35 millimètres offraient une image nette et stable, sans tremblements. Le son, puissant, couvrait parfaitement les bruits de roulement, même à des vitesses atteignant 200 km/h, bien que certains aient trouvé le volume un peu excessif.

Les fauteuils, bien que confortables avec un dossier bas, permettaient de caser ses genoux et se relevaient facilement. Un employé du service audiovisuel de la SNCF vendait des billets à l'entrée, avec des tarifs à 30 et 20 francs. Les réductions s'appliquaient aux familles nombreuses, aux seniors de plus de 62 ans, aux militaires, aux chômeurs, aux invalides et aux moins de 18 ans, tandis que les étudiants payaient plein tarif.

Programmation et succès public

La programmation était choisie conjointement par la SNCF et Gaumont, avec deux films projetés chaque semaine, changés tous les mercredis. Ces films étaient diffusés dans les deux sens, de Paris vers la province et vice-versa. Les résultats, depuis le lancement le 9 mars, étaient excellents, montrant un public enthousiaste.

Les secousses du train ajoutaient une touche de dynamisme au visionnage, sans pour autant perturber l'expérience. Heureusement, la SNCF évitait les films trop légers, privilégiant un scénario familial et intelligent.

Horaires et exploitation

La voiture-cinéma circulait quotidiennement de Paris à Hendaye et retour, sauf le dimanche où elle était exploitée uniquement entre Paris et Bordeaux. Les horaires étaient précis : départ de Paris à 6h51 en semaine, retour d'Hendaye à 16h26, avec des ajustements le samedi et le dimanche.

Cette initiative, bien accueillie, marquait un jalon dans l'histoire des transports, offrant aux voyageurs une distraction innovante et agréable.

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