Zurich, la Little Big City : entre finance, nature et culture alternative
Côté pile, Zurich se présente comme une capitale financière de premier rang en Suisse allemande. Côté face, la ville révèle une proximité avec la nature, nichée entre lac et montagnes, empreinte d'une véritable douceur de vivre où l'art contemporain et la culture alternative ont trouvé leur place. Qui se souvient que le dadaïsme est né ici, au Cabaret Voltaire ? Qui sait que Le Corbusier a réalisé dans cette ville son dernier projet de pavillon, que des œuvres monumentales de Tinguely et Niki de Saint Phalle sont exposées respectivement sur les rives du lac et dans le hall de la gare ? Et que Zurich compte aujourd'hui une cinquantaine de musées… À seulement 4 heures en train direct de Paris, cette « little big city » constitue une option parfaite pour un week-end dépaysant.
Hébergement et restauration : des adresses uniques
The Home Zurich, l'hôtel dadaïste : À partir de 1836 et pendant des décennies, cette bâtisse du quartier de Sihlcity, au bord de la rivière Sihl, a abrité une usine de papier. Depuis bientôt un an, restaurée et agrandie, elle est devenue un membre de Design Hotels, le seul de la ville, avec un restaurant, un bar et une cave à vins, très appréciés des locaux à l'afterwork. Par ses couleurs franches et ses motifs audacieux, sa programmation culturelle, ses œuvres d'art et livres à foison, ce 4-étoiles reprend à son compte la philosophie éclectique et excentrique du dadaïsme, né à Zurich. Les 132 chambres sont plus sages, et surtout très confortables et fonctionnelles, à l'image de la junior suite signature en angle, à réserver en priorité. À partir de 260 € la nuit.
Brasserie Sud, le café de la gare 2.0 : Après cinq ans de travaux, l'aile sud de la gare centrale a révélé sa somptueuse architecture : la hauteur impressionnante, les fenêtres en arcade, les boiseries claires et les plafonds à caissons, mais aussi le bar classé monument historique. Voyageurs d'affaires, touristes et Zurichois se croisent ici tous les jours, du petit-déjeuner au dîner tardif, y compris le dimanche pour un brunch ou pour le déjà légendaire club-sandwich. Les raviolis de homard sont généreux, le poulet farci aussi beau que bon. Le concept culinaire est signé du chef et entrepreneur Nenad Mlinarevic, qui a ouvert aussi, là encore dans la gare, une autre table, gastronomique celle-ci, The Counter. De 33 à 64 € le plat avec accompagnement, 30 € le club-sandwich.
Anoah, la table végétale : Après avoir essaimé plusieurs pop-up en Suisse, Noah Rechsteiner, jeune prodige de 24 ans, vient enfin d'ouvrir son tout premier restaurant, tout près du funiculaire de Rigiblick. Formé au milieu de paysages parmi les plus sauvages d'Europe, ceux de l'île allemande de Sylt et des îles Féroé, il a développé son talent créatif au service d'une cuisine autour des plantes, bio de préférence, évidemment de saison et ultra-locales puisque la plupart proviennent de son jardin, à 5 minutes de là. Ici, zéro déchet, évidemment. Le menu unique, renouvelé tous les deux mois, déroule chaque soir 5 ou 6 plats, avec un accord vins ou jus. Son plat signature, Purple Rain, est un risotto au chou rouge avec truffes et kimchi. Le week-end, place au brunch. Une bande de joyeux drilles anime ce lieu militant dont le slogan, « Make food, not war », est brodé sur les tabliers et tatoué sur le bras du chef. 120 € le menu à 5 plats et 140 € le menu à 6 plats.
Quartiers et culture : l'essence de Zurich
Zurich-Ouest, le quartier branché : Malfamé, tenu à l'écart de la ville, Zurich-Ouest a longtemps été un site industriel spécialisé dans la construction navale, la métallurgie, l'assemblage des moteurs. En 2000, l'installation d'une annexe du théâtre de Zurich dans une halle à bateaux a donné le coup d'envoi d'une révolution urbaine. Depuis, d'autres institutions culturelles sont arrivées : le Museum für Gestaltung (graphisme et design), le Migros et la galerie Hauser & Wirth (art contemporain)… Un food-court, une école d'art, des clubs électro, des ateliers de stylistes, des néobistrots, des caves à vins naturels, des concept stores branchés, des boutiques vintage ont ouvert près du Viadukt et le long de ses arches. Tout près de la Prime Tower, une superposition de conteneurs attire les regards : c'est le flagship des frères Freitag, natifs de Zurich, inventeurs des fameux sacs en bâches recyclées. À côté se trouve le Frau Gerolds Garten, un jardin urbain de bric et de broc qu'on imaginerait tout aussi bien dans les quartiers de Williamsburg à New York, de Shoreditch à Londres ou de Berlin-Est.
Haus Konstruktiv, le musée à (re)découvrir : Derrière ce nom pas simple à prononcer, une fondation et un musée dédiés à l'art constructif, concret et conceptuel, lancés en 1986 par des artistes et des collectionneurs. Depuis le 15 mai, Haus Konstruktiv investit un nouveau lieu, la brasserie Löwenbrau à Zurich-Ouest, avec sa façade en briques et ses fenêtres caractéristiques. Les expositions seront déployées dans l'ancien entrepôt des cuves. La toute première, We are here !, présentera les œuvres phares de différents mouvements, De Stijl, Bauhaus… À l'entrée, le café et la boutique recyclent le mobilier de l'adresse précédente et les murs vont être couverts des sculptures froissées, très poétiques, de l'artiste italienne Esther Stocker, semblables à de gros nuages. Bon à savoir : en juin 2026, le musée disposera d'espaces supplémentaires.
Luxe et shopping : les incontournables
Bongenie, le grand magasin du luxe : Tout au bout de la Bahnhofstrasse, les Champs-Élysées de Zurich, près de la Bürkliplatz qui borde le lac, l'imposante bâtisse classée monument historique, qui autrefois abritait la première Bourse de Suisse, vient d'être transformée en temple du luxe. Deux illustres enseignes, Grieder et Bongenie, ont fusionné dans ce concept store de 4 000 m2 qui se veut à la pointe des tendances en matière de mode, maison, parfumerie et beauté. Avec des marques suisses comme les bougies Mizensir ou Calming Park, la maison de couture Akris, les chapeaux Vanja, et des pop-up de jeunes stylistes. À ne pas manquer, le corner Chloé, la « shoe boutique » de Chanel, l'univers enfant et le restaurant Émile avec son lounge et sa terrasse, mis en scène par la décoratrice d'intérieur française Sarah Poniatowski.
Chariclo, le coffee-shop cool : Eva-Maria Hammer était une pionnière quand, en septembre 2023, elle a ouvert son café-boutique dans le quartier émergent de Werd. Depuis, des petits restaus, des échoppes de mode, de déco et de seconde main ont suivi le mouvement, tout le long de la Zweierstrasse, devenue incontournable pour ressentir la nouvelle vibe de la ville. Au Chariclo, tout est fait maison, les « canapés » salés à partager (au saumon, aux concombres-carottes…) comme les pâtisseries gourmandes. Dans les étagères vert cru, une sélection pointue et éclectique de marques de créateurs confidentielles, zurichoises pour la plupart : parfums, cosmétiques, barrettes à cheveux, et même dentifrice… au gingembre et à la menthe. De 4 à 7 € le café, de 6,50 à 9 € les canapés et de 4,50 à 8,50 € les pâtisseries.
Palace et hébergement de prestige
Mandarin Oriental Savoy, le palace moderne : Voilà bientôt 190 ans que ce somptueux monument iconique de Paradeplatz cache un hôtel de prestige. Le pianiste Franz Liszt, l'écrivain Charles Dickens y ont séjourné. Fin 2023, après un chantier de deux ans, il a rouvert sous la bannière Mandarin Oriental avec 80 clés, dont des suites magnifiques. À la manœuvre, l'architecte d'intérieur français Tristan Auer (Experimental Marais, Carlton Cannes…) dont on reconnaît immédiatement le style glamour et raffiné, le goût des belles matières, du travail artisanal le plus minutieux. Deux autres bonnes raisons de choisir cet hôtel : le restaurant italien Orsini du chef Antonio Guida, étoilé, et le bar en rooftop avec une vue spectaculaire à 360 degrés jusqu'aux sommets des Alpes suisses. À partir de 995 € la nuit.
Pour se renseigner davantage sur Zurich, consultez les sites officiels de tourisme de la ville et de la Suisse.



