Une tradition sétoise menacée
La traditionnelle sortie en mer des fêtes de la Saint-Pierre, qui se déroule début juillet à Sète, est menacée. Le Conseil d'État a estimé que les chalutiers et thoniers ne sont pas destinés à transporter du public, remettant en cause une cérémonie ancrée depuis près de 80 ans. Le père Gérard Frioux, figure locale et prêtre retraité, prend la défense de cet événement emblématique.
Une décision contestée
Francis Le Bail, président de l'Amicale des pêcheurs, avait déjà alerté sur l'avenir de la cérémonie. Le Conseil d'État a cassé le décret expérimental qui autorisait les sorties en mer à Sète, Agde et Le Grau-du-Roi, sous conditions de sécurité. Désormais, seules douze personnes pourraient embarquer, ce qui compromet le rassemblement. « C'est toute une tradition emblématique, profondément ancrée dans l'identité sétoise, qui se retrouve remise en question », déplore Francis Le Bail.
Un soutien religieux et culturel
L'archevêque de Montpellier, Norbert Turini, a rencontré la préfète de l'Hérault pour défendre l'événement. Le père Gérard Frioux insiste sur la double dimension de la fête : « Il y a d'abord la dimension religieuse, mais aussi la dimension culturelle, avec tous ces pêcheurs, ces vieilles familles sétoises et les touristes. Tout cela s'inscrit dans une tradition conviviale de souvenir, de fraternité et d'amitié. »
Un hommage aux marins disparus
Chaque année, la messe du dimanche matin, le cortège religieux avec la statue de saint Pierre, et la bénédiction en mer des bateaux rendent hommage aux marins et pêcheurs disparus. Le cortège maritime symbolise la solidarité des gens de mer. « Il y a une culture, une tradition qui mêle le religieux et le culturel », ajoute Gérard Frioux, également président de l'association des Amis de la Décanale Saint-Louis.
Des efforts de sécurité déjà consentis
L'Amicale des pêcheurs a déjà réduit le nombre de passagers, renforcé les équipements et mobilisé des moyens de secours. « Si la mer est mauvaise, les bateaux ne partent pas », précise le père Frioux. Ces arguments seront repris lors d'une conférence de presse prévue mardi.



