Sarlat, une cité médiévale au cœur du Périgord
On vient à Sarlat pour savourer une cuisine d'exception et admirer la beauté de ses bâtiments anciens. Très fréquentée en été, la ville se visite plus paisiblement au printemps, lorsque le soleil invite à flâner à l'extérieur. Chaque année, le quartier médiéval de Sarlat accueille plus de deux millions de visiteurs venus du monde entier. Il faut dire que cette ville, qui compte seulement 10 000 habitants, possède des atouts remarquables. Sur les 11 hectares du centre historique, on recense 71 monuments inscrits et classés, formant un rare concentré de beautés architecturales.
Un patrimoine architectural exceptionnel
Ce patrimoine s'étend du IXe siècle, avec les premières fondations de l'abbaye de Saint-Sacerdos, au XXIe siècle, avec la majestueuse porte de l'église Sainte-Marie, signée Jean Nouvel. Cette porte impressionnante pèse plus de dix tonnes d'acier pour une hauteur de 15,60 mètres. Un tel héritage nécessite un entretien constant. Hors saison, les chantiers s'activent pour peaufiner les rues et les édifices avant l'afflux estival. Les travaux de restauration sont cruciaux car la ville compte 15 monuments protégés, explique Karine Da Cruz, cheffe de projet Ville d'art et d'histoire, qui travaille à la mairie depuis une vingtaine d'années.
L'intérêt pour la conservation de Sarlat remonte à 1840, avec l'inventaire des édifices à préserver par l'écrivain Prosper Mérimée. Plus tard, la loi Malraux de 1962 sur les centres-villes historiques a sauvé Sarlat d'une urbanisation radicale, privilégiant la préservation du passé. En 1964, Sarlat est devenue la première commune désignée comme secteur sauvegardé grâce à cette loi visionnaire.
Rénovations récentes et influences italiennes
Parmi les dernières rénovations, on note le toit de l'église Sainte-Marie, qui abrite aujourd'hui le marché couvert, et la façade de la maison de La Boétie, restaurée en août 2025. La pierre blonde du Périgord de cette bâtisse de quatre étages, où aurait grandi Étienne de La Boétie, a retrouvé son éclat. Le plan du rez-de-chaussée est typiquement médiéval, mais les colonnes et fenêtres à meneaux relèvent de la Renaissance, ce qui est rare à Sarlat, précise Karine Da Cruz.
Les médaillons sculptés de la maison de La Boétie s'inspirent de ceux du palais épiscopal voisin, agrandi au XVIe siècle par l'évêque florentin Niccolo Gaddi. Cette influence italienne a marqué l'architecture et la culture locale, ajoute Karine Da Cruz, soulignant que l'amour des lettres de La Boétie pourrait venir de ces voisins italiens.
Hommage artistique à La Boétie
À l'intérieur de la maison, le service du patrimoine de la ville occupe les lieux, rarement ouverts au public. Au troisième étage, la chambre d'Étienne de La Boétie est une œuvre d'art contemporain : l'artiste Arno Fabre a écrit sur les murs l'intégralité du Discours de la servitude volontaire en moyen français. Ce texte philosophique, publié par Montaigne en 1576, explore les mécanismes de l'obéissance et reste d'une modernité frappante, note Karine Da Cruz.
Gastronomie : l'autre trésor de Sarlat
Interrogée sur ce que les touristes préfèrent à Sarlat, Karine Da Cruz répond sans hésiter : c'est la gastronomie ! Dans les rues, les boutiques regorgent de délices régionaux : canard, oie, truffe, fromage, châtaigne, fraise, champignons et vins de Bergerac et Domme. Pour les gourmands curieux, la ville organise chaque année les Journées du Terroir les 14 et 15 mai. Une trentaine de stands gastronomiques s'installent alors dans la vieille ville, avec des animations comme le pressage d'huile de noix, la cueillette de fraises et des démonstrations de découpe d'oie et de canard.
Katia Veyret, directrice adjointe de l'office de tourisme du Périgord noir, décrit l'ambiance : Il flotte un doux parfum de confiture de fraise et de barbecue, c'est irrésistible. Elle recommande un repas périgourdin typique de mai avec asperges, magret, pommes de terre sarladaises et fraises.
Activités et bonnes adresses
Outre les Journées du Terroir, Sarlat propose diverses activités :
- La chasse aux œufs de Pâques le 6 avril 2026, avec 2 000 œufs cachés dans la ville.
- Des visites guidées de jour et de nuit, dont des visites aux flambeaux pour découvrir les ruelles à la lueur des torches.
- L'éclairage public scénographié par Jacques Rouveyrollis transforme le décor à la nuit tombée.
Pour se restaurer, le restaurant Le Régent offre une cuisine traditionnelle de brasserie périgourdine sur sa terrasse ensoleillée. La biscuiterie Les Toqués de la Noix propose des délices à la noix, comme la tarte aux noix caramel. La boulangerie-pâtisserie Maison Lissajoux est réputée pour ses produits de qualité. Pour l'hébergement, l'hôtel Naâd, aux portes du centre historique, propose des chambres originales à partir de 65 € la nuit.
Cet article est issu du supplément Ô les beaux jours, consacré au tourisme d'avant-saison dans la région, paru dans le Sud Ouest Week-end du 28 mars. À retrouver sur le kiosque et sur sudouest.fr.



