Issarbe inaugure un refuge et restaurant d'altitude dans les Pyrénées béarnaises
Issarbe ouvre un refuge et restaurant d'altitude en Pyrénées

Un nouveau pôle d'accueil en altitude dans les Pyrénées béarnaises

En octobre 2025, la station d'Issarbe située en vallée de Barétous, dans les Pyrénées-Atlantiques, a inauguré un nouveau lieu d'hébergement et un restaurant de 45 couverts baptisé Le Grand Tétras. Ce projet porté par la commune de Lanne-en-Barétous s'élève à 1 450 mètres d'altitude, offrant une vue imprenable sur le Pic d'Anie, à deux pas du Pays basque.

Un refuge communal au service du territoire

Le refuge dispose d'un dortoir d'une capacité de dix couchages et d'une chambre familiale. Pour Lydie Althapé, maire de Lanne-en-Barétous et responsable du refuge, l'objectif dépasse la simple rentabilité. « C'est un projet de territoire », explique-t-elle, visant la création d'emplois stables et une démarche pédagogique. « Je ne souhaite pas creuser la dette, il faudra évidemment qu'on soit à l'équilibre à terme », précise-t-elle tout en soulignant l'importance de « faire parler de nos producteurs ».

Une équipe polyvalente et des circuits courts

Émilie, serveuse et hôtesse d'accueil, apprécie la polyvalence de son rôle : servir en salle, renseigner les randonneurs, préparer les chambres, encaisser les clients. « Ça offre beaucoup plus de stabilité, c'est moins précaire », confie-t-elle après avoir travaillé en saisonnier à La Pierre Saint-Martin.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Cyril, le cuisinier, privilégie les circuits courts. Contrairement à son précédent poste à La Mongie où les livraisons étaient systématiques, il se rend directement chez les producteurs locaux. « La différence, c'est qu'on se faisait livrer ! », constate-t-il. Seules les boissons, glaces, cèpes et chipirons sont livrées, « et encore, c'est s'il n'y a pas de neige ! ».

Adaptation aux contraintes de l'altitude

L'imprévisibilité de la fréquentation a obligé Cyril à adapter ses méthodes. « Comme je ne sais jamais s'il va y avoir zéro ou quarante couverts, j'ai dû apprendre à cuisiner autrement ». Il utilise désormais la conservation sous vide, prolongeant par exemple la durée de conservation de la viande de trois à huit jours.

Une fréquentation prometteuse malgré des débuts modestes

Quatre mois après l'ouverture, la maire reconnaît que la communication reste à améliorer. Certains habitants proches comme Luc et Élise d'Esquiule, à seulement trente minutes, découvrent encore le refuge. Pourtant, après une courte balade, ils s'exclament : « C'est super ici, je reviendrai boire des coups ! ».

Pendant les vacances de février, la chambre familiale affichait complet et des groupes, notamment des comités d'entreprise, sont attendus au printemps. Des retraités comme Aude et François de Bayonne, ou un groupe de six femmes se retrouvant tous les jeudis pour randonner, constituent déjà une clientèle régulière.

Développement quatre saisons

La commune mise sur un développement plurisaisonnier. « Depuis 2014-2015, on a développé la station sans neige », indique Lydie Althapé. En hiver, le domaine propose ski de fond, raquettes et luge, mais cette année, le ski de fond n'a été possible que neuf jours. Hors saison hivernale, les activités incluent randonnée, VTT, vélo de route et parapente.

Des familles comme celle d'Alexis et Coralie, originaires de Bordeaux et des Landes maintenant installés dans le Finistère, viennent spécialement pour profiter du domaine. Leur fils Maé, deux ans, dévale les pentes en luge avec enthousiasme.

Malgré un budget limité et une phase d'entre-deux, les signaux sont positifs pour ce refuge qui combine accueil touristique, création d'emplois locaux et valorisation des producteurs du Béarn.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale