Une famille du Gard piégée à Phnom Penh après l'annulation de son vol retour
Un couple et leurs deux filles, originaires du Gard, sont actuellement bloqués à Phnom Penh, la capitale du Cambodge. Partis en vacances pour quinze jours, ils ont vu leur vol de retour prévu le 7 mars, assuré par Qatar Airways, être annulé en raison du conflit au Moyen-Orient. Cette situation plonge la famille dans une profonde détresse, avec un sentiment croissant d'isolement et d'abandon.
« On est totalement abandonné » : l'impossible contact avec les autorités
Christina, enseignante-documentaliste dans le Gard, témoigne des difficultés rencontrées. « La compagnie Qatar Airways, qui propose officiellement le remboursement ou la modification des billets, est totalement injoignable. Nous passons des heures au téléphone sans succès. Je pense qu'ils sont débordés », explique-t-elle. Même constat à l'ambassade de France à Phnom Penh, où les parents déplorent l'absence de réponse téléphonique et une fermeture prévue ce samedi.
Par courriel, l'ambassade a simplement conseillé de se rapprocher de la compagnie aérienne ou de l'assurance, sans apporter de solution concrète. « Ils nous ont proposé de nous inscrire sur le fil d'Ariane du ministère des affaires étrangères. Depuis, personne ne nous a contactés. Les voyageurs prioritaires sont ceux qui sont à Doha et Dubaï. On veut bien l'entendre, mais très sincèrement, on a paniqué », confie la mère de famille.
Une assurance inopérante face à la clause de guerre
La famille a rapidement vérifié son contrat d'assurance, mais une clause d'exclusion en cas de situation de guerre rend celle-ci inutile. « Nous avons déclaré notre sinistre et nous n'avons toujours pas de réponse. Nous sommes piégés. Et à Phnom Penh, on se sent isolés », ajoute-t-elle, exprimant sa colère face à l'absence d'interlocuteur.
Urgence pour la fille aînée et coûts exorbitants
L'urgence est particulièrement forte pour la fille aînée, âgée de 21 ans et étudiante en droit à Montpellier. Arrivée au Cambodge le 28 février, elle doit impérativement rejoindre la France pour passer des partiels et finaliser ses demandes de Master. « Trois heures après son arrivée, l'espace aérien était fermé. Sans quoi, tout son investissement universitaire est fichu », s'inquiète sa mère.
Face à cette pression, la famille a pris la décision de racheter un billet sur Air France pour la fille aînée, avant le 16 mars, au prix de près de 4 000 euros. « C'était une priorité. Les prix augmentent tous les jours. C'est affolant », déplore Christina. Pour les trois autres membres de la famille, des billets ont été réservés pour un retour dans quinze jours, portant le coût total à plus de 10 000 euros.
« On ne peut acheter trois billets à 4 000 euros. C'est scandaleux. Nous sommes écœurés. Cela devient un cauchemar. Et à Phnom Penh, on se sent isolés », conclut la mère, résumant le calvaire vécu par cette famille désormais confrontée à des dépenses imprévues et à un sentiment d'abandon total.



