Le groupe singapourien Como relance l'historique Cordeillan-Bages à Pauillac
Le groupe singapourien Como affiche des ambitions significatives pour relancer, à Pauillac, l'hôtel-restaurant Cordeillan-Bages, une adresse historique de l'œnotourisme en Gironde. Situé à l'entrée sud de Pauillac, dans le hameau de Bages, cet établissement voisine avec le célèbre château Lynch-Bages, cru classé 1855. C'est là que Jean-Michel Cazes, en visionnaire, avait ouvert en 1989 un des tout premiers hôtels-restaurants adossé à une propriété viticole dans le Bordelais.
Un héritage prestigieux et une renaissance attendue
Le succès de Cordeillan-Bages a attiré des clients du monde entier, avec des étoiles Michelin décrochées par des chefs renommés comme Thierry Marx (1996 à 2010, deux étoiles), Jean-Luc Rocha (2010 à 2016, deux étoiles) et Julien Lefebve (une étoile). Le restaurant n'avait pas rouvert après la pandémie de Covid, tandis que l'hôtel est resté en activité. Depuis novembre, des artisans s'affairent sur le site, entièrement remanié avec la designer italienne Paola Navone.
La réouverture est prévue pour le 1er mai, proposant 28 chambres haut de gamme à partir de 350 euros la nuit, une piscine de 25 mètres, une salle de sport et un sauna. Une deuxième tranche de travaux ajoutera un espace bien-être complet. Cet investissement est porté par un groupe singapourien, marquant une nouvelle ère pour cette adresse emblématique.
L'ambition du groupe Como et sa stratégie française
Installé à Singapour, Olivier Jolivet, directeur du groupe Como, gère depuis 2018 le patrimoine de la famille Ong, dont la fortune provient de l'immobilier, de boutiques de mode, du sport, de l'importation de vin et d'hôtellerie. Le groupe Como compte une vingtaine d'adresses dans le monde, et Cordeillan-Bages représente sa deuxième installation en France, après Como Le Montrachet en Bourgogne en 2023, et avant Como Le Beauvallon à Saint-Tropez, prévu pour avril.
Christina Ong et sa fille Mélissa Ong, dont les initiales forment le mot Como, visent à faire de Cordeillan-Bages une destination phare pour une clientèle exigeante. "On veut proposer une expérience autour du vin et du bien-être", explique Olivier Jolivet. Décrocher des étoiles Michelin est un objectif à court terme, avec le nom d'un chef français talentueux à dévoiler mi-mars.
Synergies et perspectives pour le Médoc
Jean-Charles Cazes, du château Lynch-Bages voisin, se réjouit de ce renouveau après dix-huit mois de négociations. "Une bonne nouvelle pour Pauillac et le Médoc. Cela devrait attirer une clientèle asiatique, avec des synergies avec notre propriété viticole", assure-t-il. La famille Cazes reste propriétaire des murs, avec un droit de regard sur l'avenir du site.
Olivier Jolivet souligne que cet investissement patrimonial de long terme survient malgré la crise viticole, mais que le groupe Como croit en l'attrait du vignoble bordelais. "Pour s'imposer dans le monde du luxe, il faut du temps", conclut-il. Le groupe prospecte également en Espagne et au Portugal, considérant l'Europe comme une zone de croissance.
Cette relance illustre la vitalité de l'œnotourisme en Gironde, où quelques châteaux bordelais exploitent déjà des tables gastronomiques étoilées, comme La Grand'Vigne à Martillac ou la Table de Pavie à Saint-Émilion. Cordeillan-Bages, sous la bannière de Como, vise à rejoindre ces références, combinant art de vivre, vin et bien-être dans un cadre historique préservé.



