À quelques semaines de la feria de Pentecôte, la bodega Les Jardins de Bigot ne verra finalement pas le jour. Un refus de la municipalité, justifié par un avis préfectoral, suscite colère et interrogations chez les organisateurs. Après des mois de préparation, tout s'est arrêté net.
Une annonce soudaine
C'est par un communiqué publié sur Facebook que les organisateurs ont officialisé la nouvelle ce 3 mai : après plusieurs mois de préparation, la bodega Les Jardins de Bigot n'ouvrira pas pour la feria de Pentecôte. Un message rapidement relayé, notamment par la conseillère municipale d'opposition et ancienne adjointe au commerce Valentine Wolber, commentant : "Navrante décision…"
Dans ce texte, les gérants évoquent un refus "tardif" de la municipalité, malgré un travail anticipé sur chaque étape : "intervention des pompiers pour la sécurité, échanges avec la mairie, mise aux normes du site…" Ils pointent également les conséquences concrètes : investissements engagés, réservations déjà effectuées, équipes et prestataires aujourd'hui pénalisés.
"Une injustice" pour les organisateurs
Pour Audrey Carbo, co-gérante de la bodega, la décision est difficile à encaisser. "On a tout fait pour que ça se passe dans de bonnes conditions", assure-t-elle. Selon elle, le dossier avait été préparé en amont. "Une feria, ça ne s'organise pas deux semaines avant", rappelle-t-elle, évoquant des frais importants déjà engagés. "C'est une injustice."
Parmi les arguments avancés par la municipalité, les nuisances sonores et les troubles de voisinage. Un point que la gérante relativise : "J'aurais compris les riverains si c'était toute l'année. Mais là, c'est quelques jours. D'autres établissements feront autant de bruit."
Entre contraintes réglementaires et interrogations
Autre élément soulevé : la proximité du lycée Daudet, qui empêche en théorie l'ouverture d'un débit de boissons aux abords de l'établissement scolaire. En cause, une porte située rue Bigot. "Elle est pourtant condamnée, fermée à clé. On a une lettre du directeur qui l'atteste", affirme Audrey Carbo. Un argument que la mairie n'a pas retenu, considérant que cette issue reste potentiellement utilisable.
Dans ce dossier, le contexte local interroge également. Le lieu avait déjà accueilli une bodega par le passé, malgré des incidents signalés. Depuis leur reprise, les nouveaux gérants assurent avoir corrigé ces dérives. Enfin, la situation du voisinage alimente les doutes. "Je pense que certains voisins ont cette fois-ci été écoutés grâce à la nouvelle équipe municipale", avance la co-gérante, sans pour autant apporter la moindre preuve.
La mairie invoque un cadre légal
Face aux critiques, Emmanuel Bois, adjoint aux commerces, défend une décision avant tout réglementaire. "Vincent Bouget a autorisé 19 bodegas à ouvrir pour la feria", rappelle-t-il d'emblée pour écarter toute volonté politique de restreindre l'événement. Selon lui, le refus repose principalement sur un cadre légal précis.
"Le 9 mars 2026, le préfet a émis un courrier indiquant qu'il n'était pas autorisé d'octroyer une licence temporaire de boissons de niveau 3 car le lycée Daudet se situe à moins de 100 mètres des Jardins de Bigot", explique l'élu. Un point qu'il considère non négligeable. "C'est bien la préfecture qui décide de la distance autorisée, et c'est elle qui a fixé ces 100 mètres à Nîmes", insiste-t-il.
"Ce n'est pas une décision de dernière minute"
Autre élément avancé par l'adjoint : le calendrier. Contrairement à ce qu'affirment les organisateurs, Emmanuel Bois assure que la situation était connue en amont. "Après le 9 mars, les gérants ont sans doute été informés par la préfecture. Ce n'est pas une décision de dernière minute", affirme-t-il. "Peut-être que l'ancienne municipalité a laissé sous-entendre qu'ils seraient malgré tout en mesure d'ouvrir, je ne sais pas…", ajoute l'adjoint.
Quant aux interrogations sur d'éventuelles pressions liées au voisinage, l'élu se veut catégorique. "J'entends dire que ce serait lié à des liens de famille entre un élu et un des voisins qui se plaint de bruit. Ce n'est pas la raison qui a motivé la décision de Vincent Bouget", tranche-t-il. "Il s'est simplement appuyé sur l'avis de la préfecture."



