En plein essor depuis plus d'un an en France, l'Hyrox se développe à toute vitesse à Bordeaux, où deux courses inspirées de ce sport se tiendront au mois de mai. Au lendemain de la tenue de l'Hyrox Paris au Grand Palais (du 23 au 27 avril), ils étaient plus d'un à la gare de Bordeaux à porter un sac siglé « Hyrox », où les patchs des différentes compétitions terminées s'exposent comme des trophées. Plus de 22 000 sportifs ont participé ce week-end à l'évènement, signe d'un engouement toujours plus fort pour la discipline.
Un sport standardisé et exigeant
Créé en Allemagne par l'ancien champion olympique de hockey sur gazon Moritz Fürste et le spécialiste de l'organisation d'événements sportifs Christian Toetzke, l'Hyrox a connu sa première phase d'expansion après la pandémie de Covid-19. Ce sport hybride se déroule sur un format standardisé : les participants doivent courir 1 km puis enchaîner sur une station d'exercices, et répéter l'opération huit fois. Avec dans l'ordre : 1 000 mètres de SkiErg, 50 m de poussée de traîneau, 50 m de tirage de traîneau, 80 m de burpee broad jumps, 1 000 m de rameur, 200 m de farmer's carry, 100 m de fentes lestées et 100 répétitions de wall balls.
Bordeaux, nouvelle terre d'accueil
À Bordeaux comme ailleurs, l'Hyrox se développe de plus en plus. La ville accueillera à nouveau une course officielle du 30 septembre au 4 octobre prochain. « C'est un sport qui s'appuie sur des tendances générales nettes : la course à pied ou encore le challenge endurant », détaille Florent Nuttin, propriétaire de la salle de sport et de boxe Battling Club dans le quartier des Chartrons. D'abord orienté sur le fitness en général, le responsable de 40 ans a décidé de passer à l'Hyrox il y a environ un an et demi. Ils sont désormais plus de 200 inscrits dans sa petite salle de quartier.
Une séance d'entraînement collective
Ce mercredi 22 avril, ils sont sept à participer à la séance du jour. Au menu de l'entraînement, une quinzaine de minutes d'échauffement avant d'enchaîner sur un circuit, avec de la course et différents exercices, qui doit être terminé en moins de quatre minutes, et répété six fois. « Le fait d'être en collectif, ça stimule davantage que d'aller à la salle tout seul », explique transpirant Djibrine Isseini, 52 ans, et adepte de l'Hyrox depuis environ une année. Une analyse partagée par Sandie Baureilles à la fin de la séance. « On fait autant du renforcement musculaire que du cardio, et en plus, ça défoule bien », assure la responsable de projet de 43 ans.
Un sport santé accessible
Pour Julien, pratiquant depuis quatre ans, les avantages se retrouvent surtout sur la santé. « On travaille des postures, des mouvements qui sont peu traumatisants et pas dangereux », détaille le quadragénaire. C'est l'un des facteurs qui explique en partie le succès fulgurant de l'Hyrox. En comparaison au CrossFit, beaucoup plus contraignant, en Hyrox, « une simple démonstration suffit pour avoir compris 80 % du mouvement dès la première séance », affirme Florent Nuttin.
Un marketing parfait
En plus de son accessibilité, la réussite du modèle doit surtout à son marketing et sa communication parfaite. Avec une organisation millimétrée, des lieux de compétitions très attractifs, une scénographie maîtrisée et des images relayées en boucle sur les réseaux sociaux, Hyrox est une marque à la mode, qui a parfaitement compris les codes de son marché. « Cela correspond à un modèle de personnes, qui aiment se défier mais aussi se montrer via le sport », analyse Joffrey Voisin, triple champion du monde de la discipline en double dans la catégorie 40-44 ans, et référence de l'Hyrox en France. « On sait que c'est une grosse machine à cash, mais derrière, ils le rendent bien aux participants », complète l'athlète, qui y voit tout de même un milieu « sain ».
Le prix, une barrière
« L'expérience client est très complète et très bien travaillée », ajoute Florent Nuttin. Mais une barrière se pose quand même pour participer aux compétitions officielles : le prix. Il faut compter une centaine d'euros pour décrocher son dossard pour la course, auquel il est possible d'ajouter un pack photos souvenirs pour 40 euros, sans compter les frais de déplacement et d'hébergement.
Des événements inspirés à Bordeaux
Pour toucher un public plus large, des organisateurs s'inspirent du modèle de sport hybride démocratisé par l'Hyrox et créent des événements légèrement différents. Florent Nuttin a lancé la Rusher Race, une course de cinq fois 1,5 km, entrecoupée de stations d'exercices. Elle se tiendra le 30 mai prochain à la Cité bleue à Bordeaux, pour 80 euros en solo. Antoine Battini organise lui la première édition de « l'Hyrox à la bordelaise », un rendez-vous inspiré directement du phénomène mondial, mais où la course est remplacée par du rameur. « Les participants évolueront sur un parcours en ligne droite pour suivre en temps réel l'évolution du classement », détaille l'organisateur de l'événement, qui aura lieu du 8 au 10 mai à Pessac. Des modèles inspirés de l'Hyrox, qui participent à leur manière au développement du sport hybride de façon globale.



