Manifestation nationale des retraités : une mobilisation pour la justice sociale et sanitaire
Ce jeudi 2 avril 2026, l'intersyndicale des retraités, regroupant des organisations telles que la FSU, la FGR-FP, la CGT, la CFE-CGC, Solidaires, LSR, et Ensemble et solidaires, organise une journée d'action nationale. Les retraités se mobilisent pour défendre des revendications cruciales, avec un rassemblement prévu à Marseille, sur le parvis de la gare, à partir de 11 heures. Cette manifestation s'inscrit dans un contexte de préoccupations croissantes concernant le pouvoir d'achat et l'accès aux soins, particulièrement dans la région Sud, où les défis sont accentués.
Les enjeux principaux : revenus et santé des retraités
Jacqueline Lazarre, secrétaire générale de l'union départementale de la CGT Retraites dans les Alpes-Maritimes, souligne deux axes majeurs de la mobilisation. Premièrement, la question du revenu des retraités, avec des chiffres alarmants : 60 % des 17 millions de retraités en France touchent moins du Smic, et 30 % perçoivent moins de 1.000 euros par mois, dont une majorité de femmes. Dans les Alpes-Maritimes, la situation est encore plus critique, avec un taux de pensionnés pauvres au minimum vieillesse de 5 %, contre 3 % en moyenne nationale, faisant de ce département un triste record en matière de précarité des seniors.
Deuxièmement, l'accès aux soins constitue un défi majeur. Jacqueline Lazarre dénonce que 1,6 million de retraités n'ont plus de couverture complémentaire santé, laissant une part croissante des dépenses aux mutuelles. Alain Tiberti, responsable départemental des retraités FSU, revendique une sécurité sociale qui prenne en charge à 100 % les soins prescrits, avec des moyens accrus pour la formation, l'embauche et la réouverture de lits dans les hôpitaux publics. Il argumente que des ressources existent, citant des exonérations de cotisations patronales non compensées, des fraudes sociales et fiscales, ainsi que des aides aux entreprises sans contrepartie, totalisant des centaines de milliards d'euros.
La crise des Ehpad et les spécificités des Alpes-Maritimes
Concernant les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), les syndicalistes alertent sur les difficultés financières, touchant 70 % des structures, publiques ou privées. Jacqueline Lazarre pointe une faiblesse chronique du nombre d'Ehpad publics et privés à but non lucratif dans les Alpes-Maritimes, où la majorité des établissements sont privés, contrairement à la tendance nationale. Cette situation contribue à un environnement difficile pour les retraités du département, où, comme elle le résume, « il ne fait pas forcément bon vivre quand on est retraité ».
Jean-Pierre Marmontelli, responsable départemental de la fédération générale des retraités de la fonction publique, appelle à un retour aux principes originels de la sécurité sociale : cotiser selon ses moyens et recevoir selon ses besoins. Il déplore la rupture de cette solidarité, notant que dans un pays riche comme la France, de plus en plus de citoyens ne peuvent plus se soigner correctement. Les retraités des Alpes-Maritimes font face à des délais d'accès aux spécialistes, comme les dermatologues, exacerbant les risques liés à des conditions telles que le cancer de la peau, prévalent dans la région.
Une mobilisation ancrée dans le mécontentement et l'espoir de changement
Cette journée d'action s'inscrit dans une série de mobilisations sociales récentes, reflétant un mécontentement profond face aux politiques actuelles. Les retraités, souvent marginalisés dans les débats publics, entendent faire entendre leur voix pour exiger des réformes concrètes. La manifestation à Marseille symbolise leur détermination à lutter pour une vie digne, avec un revenu décent et un système de santé accessible à tous.
En résumé, la mobilisation du 2 avril 2026 met en lumière les défis persistants auxquels sont confrontés les retraités en France, particulièrement dans les Alpes-Maritimes. Les revendications portent sur des enjeux fondamentaux de justice sociale et sanitaire, avec un appel pressant à une redistribution des ressources et à un renforcement des services publics. Cette action collective vise à sensibiliser l'opinion publique et les décideurs politiques aux urgences que représentent la pauvreté des seniors et les lacunes dans l'accès aux soins.



