Retraite des femmes : une fragilité économique qui s'aggrave avec le temps
Selon un sondage publié mercredi, les femmes se sentent plus souvent en situation de fragilité économique à la retraite, en raison de choix de carrière moins guidés par la rémunération et des pénalités liées à la maternité. Ce baromètre, réalisé pour ViveS Média, un média du groupe Bayard dédié à l'éducation économique et financière des femmes, paraît à quelques jours de la Journée internationale de la femme du 8 mars.
Des choix de carrière décorrélés de la rémunération
L'enquête, menée par l'institut Viavoice auprès de 2.000 personnes, montre que la passion pour l'activité est le premier critère de choix du futur métier pour un tiers des femmes comme des hommes. Cependant, la rémunération arrive en deuxième position chez les hommes (31 %), tandis qu'elle ne se classe qu'en quatrième position chez les femmes (22 %), derrière l'équilibre vie professionnelle/personnelle et les opportunités du moment.
De plus, les femmes semblent rencontrer plus de difficultés à faire progresser leur carrière. Seules 29 % d'entre elles se sentent à l'aise pour négocier un salaire d'embauche, contre la moitié des hommes. La même tendance s'observe pour demander une augmentation, soulignant un écart persistant dans la capacité à valoriser leur travail.
L'impact pénalisant de la maternité
Pour 69 % des femmes et la moitié des hommes, la maternité pénalise davantage la carrière des femmes que celle des hommes. Seuls 2 % des femmes et 5 % des hommes considèrent qu'avoir des enfants affecte négativement la carrière des pères. Sybille Le Maire, fondatrice de ViveS Média et du Club Landoy, commente : « À chaque grande étape (orientation, travail, maternité, retraite), l'écart se creuse entre hommes et femmes et ne se rattrape pas. Des choix qui semblent raisonnables à 20 ans, se paient à 60 ans. »
Des inégalités multiples et profondes à la retraite
Les inégalités économiques se prolongent jusqu'à l'âge de la retraite. Pour 54 % des femmes, le calcul des pensions ne tient pas suffisamment compte du fait d'avoir eu et élevé des enfants. Sept femmes sur dix estiment que leur pension sera insuffisante pour couvrir leurs besoins, contre 47 % des hommes. Pour compenser cet écart de revenus, 47 % des femmes envisagent de travailler plus longtemps, contre 32 % des hommes.
En cas de séparation du couple, 72 % des femmes jugent que leur situation financière serait difficile ou impossible, un sentiment partagé par 64 % des hommes. Ce pourcentage s'élève à 69 % des femmes (64 % des hommes) en cas de veuvage. Sybille Le Maire souligne : « Les inégalités économiques se creusent avec le temps jusqu'à placer les femmes en situation de fragilité à l'heure de la retraite, alors qu'elles vivent plus longtemps que les hommes. »
Ce sondage met en lumière des défis structurels qui nécessitent une attention accrue pour réduire les disparités entre les sexes tout au long de la vie professionnelle et au-delà.



