L'Allemagne surprend par sa capacité à réagir face à ses faiblesses, notamment le vieillissement démographique. Le pays est en passe d'adopter l'une des réformes des retraites les plus ambitieuses d'Europe, comparable à celle de la Suède dans les années 1990, mais sans y être contraint par les marchés financiers.
Un rapport explosif et des pistes radicales
Un groupe d'experts indépendants mandaté par le gouvernement a rendu un rapport proposant plusieurs mesures : création d'un pilier de capitalisation obligatoire financé par une nouvelle cotisation partagée entre entreprises et salariés, mise en place d'un système automatique indexant l'âge de départ à la retraite sur les gains d'espérance de vie, modification du calcul des pensions et élargissement du nombre de cotisants. Le gouvernement Merz, bien qu'en difficulté dans les sondages, souhaite s'en inspirer pour faire voter un texte avant la fin de la session parlementaire le 10 juillet. Le scénario le plus probable est une loi-cadre votée cet été, suivie de discussions sur les détails à l'automne.
Un calendrier serré pour une réforme historique
Ce délai très court pour une réforme qui impactera à la fois le pouvoir d'achat et la compétitivité des entreprises témoigne de l'urgence ressentie outre-Rhin. En Allemagne, les principales forces politiques reconnaissent la gravité de la situation et les syndicats, puissants, sont étroitement associés aux discussions. La population fait davantage confiance aux politiques pour prendre les bonnes mesures, contrairement aux Français.
Un contraste saisissant avec la France
Selon une enquête récente de l'assureur Allianz, 70 % des Français jugent la réforme des retraites indispensable, mais seulement 39 % pensent que les gouvernements sont capables de la mener à bien. Ce scepticisme tranche avec la confiance allemande. Il reste moins d'un an aux candidats à la présidentielle française pour convaincre les citoyens du contraire.



