Villa Pétrusse : renaissance d'un joyau luxembourgeois
Villa Pétrusse : renaissance d'un joyau

À flanc de vallée et à deux pas du pont Adolphe, l'hôtel Villa Pétrusse, inauguré en juin dernier, incarne une transformation rare dans le grand-duché : celle d'un patrimoine d'exception réinvesti sans renier son histoire. Construit en 1880 sur les vestiges d'un ancien bastion de la forteresse locale pour l'industriel textile Henri-Eugène de Kerkhove, l'édifice est pensé par l'architecte Pierre Kemp comme une résidence de prestige. Son architecture néo-Renaissance, reconnaissable à ses volumes articulés, ses éléments décoratifs raffinés et sa composition presque pittoresque, traduit alors l'ascension sociale de son commanditaire, comme son jardin centenaire dessiné par le paysagiste français Edouard André, à qui l'on doit notamment la conception du parc des Buttes-Chaumont.

Une restauration méticuleuse

Transmise de génération en génération jusqu'en 2010, connue un temps sous le nom de villa Baldauff, la demeure traversera le XXe siècle avant de connaître une période d'abandon. Sa reconversion récente en établissement de luxe marque une nouvelle étape, fondée sur une restauration attentive. Sous la houlette du décorateur Tristan Auer, les boiseries, colonnades, vitraux et plafonds ornementaux de la salle à manger Renaissance, du salon d'inspiration Louis XIV ou du fumoir néogothique ont été conservés ou reconstitués, auxquels sont venus s'ajouter les éléments d'un confort contemporain feutré. L'ensemble reste intimiste, avec 22 chambres, dont trois suites, un penthouse privé et un restaurant gastronomique, Le Lys, porté par le chef Kim de Doode, qui vient de se voir décerner la seule nouvelle étoile luxembourgeoise de l'édition 2026 du Guide Michelin.

Un dialogue artistique avec Sosthène Weis

Ce trait d'union entre passé et présent se prolonge dans le dialogue instauré avec Sosthène Weis (1872-1941), l'architecte devenu peintre, dont les œuvres sont ici reproduites en grand format sur des papiers peints à la main. Auteur de plusieurs milliers d'aquarelles, il a représenté avec une sensibilité particulière les paysages urbains du pays, de la capitale surtout et de ses faubourgs. Au fil des années, le style de Weis, que l'on peut rattacher au postimpressionnisme, est ainsi passé d'une précision presque documentaire à une approche plus atmosphérique, accordant une place centrale à la lumière et aux variations du temps. S'il n'a jamais habité la villa, l'aquarelliste a profondément marqué l'imaginaire du lieu, la vallée de la Pétrusse, ses reliefs et ses perspectives figurant parmi ses sujets de prédilection. Aujourd'hui, il est l'un des emblèmes de Luxembourg, au même titre que la Gëlle Fra, le fameux monument de souvenir, qui prête son nom à une suite de l'établissement hôtelier nichée sous les toits.

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