Une nouvelle usine pour répondre aux défis de l'assainissement non collectif en France
Dans le cadre de ses multiples activités, l'entreprise canadienne Premier Tech a développé une expertise spécifique dans les systèmes d'assainissement non collectif. Elle vient d'activer son unité de production de fosses septiques au sein du Parc d'Aquitaine, à Saint-André-de-Cubzac en Gironde. Cette initiative répond à un enjeu national majeur, comme le souligne Yann Le Moullec, directeur du développement chez Premier Tech France.
Un constat alarmant sur les installations existantes
« En France, 80 % des installations d'assainissement non collectif sont considérées comme pas assez performantes par rapport aux normes en vigueur, que ce soit en matière de sécurité ou d'efficacité. Parmi elles, 40 % sont carrément non conformes et 20 % représentent un véritable danger sanitaire, notamment lorsqu'elles sont situées à proximité de zones sensibles comme des nappes phréatiques ou des zones de captage d'eau potable », explique Yann Le Moullec.
Il ajoute avec une certaine fierté : « Nous avons la chance que nos systèmes fassent partie des 20 % jugés suffisants et performants. » L'importance du sujet est d'autant plus cruciale qu'à l'échelle nationale, 20 % de la population, soit environ cinq millions de personnes, dépend de l'assainissement non collectif. Face à cette problématique, Premier Tech a conçu un système à haute performance, validé par des études indépendantes.
Le fonctionnement innovant du système Premier Tech
Le système se compose de deux cuves en béton :
- La première cuve assure le traitement primaire. Il s'agit de la fosse septique proprement dite, qui reçoit toutes les eaux usées domestiques (toilettes, douche, vaisselle). Lors de cette première étape, les matières solides se déposent naturellement au fond.
- La matière liquide résiduelle est ensuite dirigée vers la seconde cuve, dédiée au traitement secondaire. C'est là qu'intervient un biofiltre composé de bourres de coco ou d'écorce de pin maritime, permettant d'éliminer efficacement les risques de pollution.
« L'eau ainsi épurée est ensuite rejetée dans le sol. Notre système est entièrement gravitaire et mécanique, ce qui signifie qu'il ne nécessite aucune source d'électricité pour fonctionner. Nous proposons également un modèle tout-en-un adapté à la taille du terrain. Le système est conçu pour s'adapter à tous types de terrains ; en cas de pente trop faible, une petite pompe de relevage peut être ajoutée », détaille Yann Le Moullec.
L'entretien est simplifié : la vidange de la fosse septique est recommandée tous les quatre ou cinq ans, tandis que le biofiltre doit être remplacé au bout de 12 à 15 ans.
Un processus de développement rigoureux et une implantation stratégique
Le procédé a été lancé il y a quatre ans au sein du service recherche et développement de l'entreprise. « Il nous fallait notamment garantir une excellente fiabilité du béton utilisé. À l'époque, cette gamme de produits était encore peu vendue sur le marché », rappelle le directeur. Après deux années de recherches intensives, la première cuve a obtenu sa certification.
Suite à ce succès, une première usine de production a été construite à Montbrison dans la Loire. Forte de cette expérience, l'entreprise a décidé de se rapprocher des marchés de la façade ouest et du sud-ouest de la France, où la part de l'assainissement non collectif est particulièrement significative. « La Gironde représente à elle seule 20 % de ce marché sur la région », précise Yann Le Moullec.
C'est donc à Saint-André-de-Cubzac que ces cuves sont désormais fabriquées pour couvrir le territoire du Sud-Ouest. « L'objectif est de servir une clientèle située dans un rayon de 300 kilomètres autour du site, c'est notre cœur de cible. Produire au plus près des clients nous permet également de réduire l'impact carbone lié à la livraison », explique-t-il.
Un investissement conséquent et des perspectives de croissance
L'entreprise s'est installée l'été dernier au sein du Parc Aquitaine, en rachetant et en réaménageant un ancien bâtiment métallurgique. Cet investissement s'élève à 3 millions d'euros. La production a démarré au début du mois de mars.
« Nous exploitons actuellement seulement 15 % de notre capacité de production totale. D'ici trois à cinq ans, nous prévoyons de monter en puissance et de passer de 7 à 8 employés aujourd'hui à une quinzaine de collaborateurs », annonce Yann Le Moullec. Pour la fabrication des cuves, Premier Tech collabore avec la société Lafarge, via la centrale à béton située à Bussac-Forêt. La production traite actuellement 8 m³ de béton par jour.
Premier Tech : un groupe aux activités diversifiées
Au-delà de l'assainissement, Premier Tech est un groupe international aux activités variées :
- Engrais bios pour l'horticulture et l'agriculture.
- Produits pour le jardin : terreaux, engrais, antiparasitaires.
- Systèmes automatisés d'équipements d'emballage et de traitement de produits en vrac (pesage, ensachage, mise en palettes).
- Eau et environnement : assainissement, récupérateurs d'eau, gestion des déchets.
- Digital : systèmes de gestion de la production d'entreprise, aménagement d'usine en 3D.
Chiffres clés du groupe : 6 000 personnes employées dans le monde, 50 usines à l'international, un chiffre d'affaires d'environ un milliard de dollars canadiens (soit plus de 622 millions d'euros).
Présence en France : 15 ans d'implantation, 650 équipes (dont 30 en Nouvelle-Aquitaine) et onze sites industriels sur le territoire national.



