RTE, le gestionnaire du réseau à haute tension, a dévoilé le nouveau design des pylônes électriques qui remplaceront près de 90 000 structures d'ici 2040. Ce projet colossal, d'un coût global de 94 milliards d'euros, concerne les lignes de 90 kV, 225 kV et 400 kV. L'appel d'offres lancé en 2023 a abouti à la sélection de la proposition de l'agence Nimos design, révélée à Lyon.
Un design inspiré de la nature
Les nouveaux pylônes se distinguent par une esthétique bio-inspirée, avec des formes organiques et des lignes courbes. Ils sont fabriqués à partir d'un mélange de béton et d'acier, contrairement aux modèles actuels entièrement métalliques. Les teintes intégrées, un bleu pastel pour la tête et un gris lilas pour le fût, créent une harmonie avec l'environnement. Les sections tubulaires et les membrures ovales adoucissent les angles tout en captant la lumière, offrant une silhouette élégante et dynamique.
Avantages environnementaux et opérationnels
Le pylône Nimos présente plusieurs atouts. Son fût en béton armé recyclable ne nécessite aucun entretien et offre une durée de vie de près de cent ans. La disposition triangulée des phases réduit l'emprise au sol et les champs électromagnétiques. La tête en acier recyclé à 80 % est fixée par des liaisons pivot à quatre axes, facilitant le montage. Le nombre de boulons a été divisé par deux, passant de 4 000 à 1 500, ce qui simplifie la réparation : une ou deux pièces à remplacer contre 50 à 60 auparavant.
Coût et déploiement
L'innovation affiche un surcoût de 6 % par rapport au modèle actuel, soit environ 275 000 euros l'unité pour la version 400 000 volts. Les premiers exemplaires seront testés entre Aurillac et Figeac à l'horizon 2028, avec 230 pylônes prévus dans le Massif central. La production sera assurée localement par Matière dans deux usines de la région. La date d'installation dans le Var et les Alpes-Maritimes n'est pas encore connue.



