Le Gard rhodanien organise son premier forum économique régional, jeudi 2 juillet, au centre culturel de Codolet, à l'initiative du Collectif, un groupement d'associations économiques locales. Cet événement, qui suit l'assemblée générale de l'association, vise à relancer la dynamique industrielle du territoire, confronté à un manque de visibilité et à la fuite des talents.
Une table ronde pour l'offensive industrielle
La soirée sera marquée par une table ronde intitulée "Le Gard passe à l'offensive industrielle", animée par le journaliste économique Hubert Vialatte. Elle réunira des élus, des industriels, des clubs d'entreprises et des clusters. Vincent Champetier, président du Collectif, et Julien Feja, vice-président, espèrent ainsi mettre en lumière les atouts du territoire et les grands projets à venir, notamment dans le nucléaire.
"Ce forum est là pour vendre notre territoire, parce qu'on est le deuxième pôle industriel d'Occitanie, explique Vincent Champetier. On est au fin fond de la région et on a parfois l'impression d'être les oubliés." Le Collectif regroupe également des acteurs du Nord-Vaucluse et du Sud-Drôme, confrontés aux mêmes problématiques.
L'urgence de projets à long terme
Pour Julien Feja, le territoire a besoin d'un projet structurant comme l'EPR2, un programme de réacteurs nucléaires de nouvelle génération. "Savoir que l'EPR2 se ferait ici permettrait d'anticiper. Sur le moyen terme, on pourrait avoir MGH Energy (une usine de carburants de synthèse à Laudun) et à court terme des SMR (petits réacteurs modulaires). Aujourd'hui, on a le démantèlement, on n'est pas inquiet, mais s'il n'y a pas de projet nouveau, ce n'est pas dynamique", souligne-t-il.
Vincent Champetier renchérit : "C'est dur pour une entreprise de ne pas avoir de visibilité, ne serait-ce que pour se développer, investir dans de nouvelles technologies, dans la recherche… Derrière l'industrie, il y a tout un écosystème."
Une inquiétude partagée par les chefs d'entreprise
Les entreprises locales ressentent un essoufflement. "Après janvier 2027, elles disent que leur visibilité se tarit", note Julien Feja. Vincent Champetier attribue cette situation à un contexte politique instable : "Depuis deux ans et demi, on a une espèce de cohabitation au sommet de l'État. Les budgets sont faits de bric et de broc, il n'y a pas de vision. Et l'année 2027 va être une année d'élection."
L'élection présidentielle de 2027 est perçue comme un tournant. "C'est charnière en fonction de qui sera élu, s'il ou elle sera pro ou pas pro nucléaire. Dans ce dernier cas, pour le territoire, ce serait la catastrophe", prévient Julien Feja.
Les atouts du territoire
Malgré ces incertitudes, le Gard rhodanien dispose de solides atouts. "Vu ce qu'on a construit depuis 50 ans de façon planifiée entre Marcoule et Tricastin, il y a le tissu industriel avec tous les métiers de service, de réalisation de travaux. Les gens sont formés, les formations sont là, les gens sont motivés pour travailler. Tout est là pour continuer, il faut juste de la perspective", insiste Julien Feja.
Vincent Champetier ajoute : "L'attractivité, tout le monde y travaille un peu à sa sauce. On a un Clee (comité local école-entreprise) dynamique qui permet une relation avec les lycées avec les RJE (rencontres jeunes entreprises), les mentorats…"
La visite récente du ministre du Travail à Marcoule est perçue comme un signe positif, mais les acteurs locaux restent prudents. "C'est un bon signe qu'il s'intéresse à ce qui se passe dans notre secteur. Après, il venait plus pour découvrir donc on attend de voir ce qu'il va faire de ce qu'il a vu", conclut Julien Feja.



