Le projet d'usine de dirigeables Flying Whales franchit une étape juridique cruciale
Le tribunal administratif de Bordeaux a rendu une décision importante lundi en rejetant la demande de suspension déposée par l'association de défense de l'environnement Sepanso. Cette décision ouvre la voie aux travaux d'implantation de l'usine de dirigeables de fret de la société Flying Whales à Laruscade, dans le Nord-Gironde. Les travaux pourront ainsi commencer en septembre 2026 comme prévu initialement.
Une victoire pour le projet industriel malgré les oppositions environnementales
La Sepanso, association requérante dans cette affaire, a non seulement vu sa demande rejetée, mais devra également verser 1 200 euros à la communauté des communes Latitude Nord Gironde. Cette collectivité territoriale doit accueillir le futur site industriel sur son territoire. Cette décision judiciaire représente un revers significatif pour les opposants au projet qui pointaient du doigt les impacts environnementaux.
Flying Whales, dont le nom signifie littéralement « Baleines volantes », ambitionne de commercialiser à partir de 2029 des dirigeables d'une capacité impressionnante de 60 tonnes. L'objectif affiché par l'entreprise est double : décarboner le transport de charges lourdes et désenclaver les zones forestières et montagneuses difficiles d'accès. Cette technologie innovante pourrait révolutionner le transport de fret dans des environnements spécifiques.
Un projet industriel d'envergure avec des retombées économiques significatives
Le constructeur aéronautique prévoit d'édifier une usine aux dimensions exceptionnelles :
- Hauteur de 65 mètres
- Longueur de 265 mètres
- Surface de 75 hectares de zones naturelles
Ce bâtiment industriel, présenté comme « le plus haut bâtiment industriel en activité en Europe », s'installera à Laruscade. Un deuxième site est également prévu à Sherbrooke au Canada, montrant l'ambition internationale du projet.
L'implantation du site girondin, qui a connu plusieurs années de retard dans son calendrier initial, promet la création de 300 emplois directs selon les estimations de la société. Ce potentiel de création d'emplois constitue un argument économique majeur pour les soutiens du projet.
Des préoccupations environnementales persistantes malgré l'avancée juridique
Le projet n'a pas été sans susciter des inquiétudes environnementales. En 2023 puis en 2024, l'Autorité environnementale avait émis des avis consultatifs défavorables. Le dernier avis, particulièrement critique, pointait du doigt « l'importance des atteintes aux milieux naturels et aux espèces protégées ». Ces zones sensibles se trouvent à proximité de sites classés « Natura 2000 », réseau européen de protection de la biodiversité.
Malgré ces réserves environnementales, Flying Whales avance résolument dans son projet. La société a déjà levé plus de la moitié des 450 millions d'euros de capitaux nécessaires au financement. Parmi les investisseurs figurent des acteurs institutionnels de poids :
- L'État français
- La région Nouvelle-Aquitaine
- La province du Québec au Canada
L'entreprise vise désormais un premier vol de démonstration en 2027, soit deux ans avant le début de la commercialisation prévue. Ce calendrier ambitieux devra tenir compte des éventuels nouveaux recours juridiques et des impératifs environnementaux qui continueront d'accompagner le développement de ce projet industriel hors normes.



