Cyclamen s'installe à Millau : le PDG répond aux critiques et dénonce la désinformation
L'arrivée de l'entreprise Cyclamen sur la zone industrielle Millau Viaduc 2, à cheval sur les communes de Saint-Beauzély et Millau, suscite un vif débat dans la région. Spécialisée dans le recyclage de métaux non ferreux, cette société déjà implantée en Moselle fait face à une opposition organisée par l'association Vigilance environnement Millau, qui a mobilisé 170 personnes dans les rues de Millau le 7 février dernier.
Un projet industriel de 25 millions d'euros
Arnaud Chaulet, le PDG de Cyclamen, a pris la plume pour répondre aux inquiétudes et tenter de rassurer la population locale. Il insiste sur les caractéristiques du nouveau site millavois, présenté comme un projet vert et moderne. "Le choix d'une zone industrielle en bordure d'autoroute, avec la construction d'un bâtiment neuf, répond précisément au souhait de tirer les enseignements des contraintes immobilières et techniques rencontrées sur le site mosellan", explique-t-il dans un communiqué détaillé.
Le projet représente un investissement de 25 millions d'euros et devrait créer 60 emplois à terme. Le bâtiment sera équipé de panneaux photovoltaïques et bénéficiera d'un habillage paysager avec des essences endémiques. Contrairement au site mosellan, implanté dans une friche industrielle au cœur d'un hameau, l'installation millavoise sera neuve et conçue dès l'origine pour optimiser les performances environnementales.
Désinformation et refus de dialogue
Le dirigeant déplore vivement la désinformation qui entoure son entreprise. "Nous souffrons de beaucoup de désinformation, d'interprétations, de raccourcis trouvés çà et là sur internet, souvent orientés et utilisés abusivement à notre encontre", regrette Arnaud Chaulet. Il ajoute que toutes les tentatives de discussion avec l'association Vigilance environnement Millau ont été refusées, de même que les invitations à visiter le site mosellan aux frais de l'entreprise.
L'association a même déposé un recours au tribunal administratif de Toulouse, qui a été rejeté. Face à cette situation, le PDG se positionne comme "une entreprise ouverte au dialogue et favorable aux rencontres", réaffirmant sa disponibilité pour participer à tout dispositif de concertation ou de médiation placé sous l'égide des services de l'État.
Explications techniques et engagements environnementaux
Pour clarifier son activité, le directeur de Cyclamen détaille le procédé industriel mis en œuvre :
- Tri en voie sèche sans consommation d'eau dans le process
- Absence de combustion, de four et de cheminée
- Traitement exclusif de mélanges de métaux non ferreux soigneusement sélectionnés
- Aucun traitement de poubelles "noires" ou de mâchefers
- Revente des métaux valorisés ou matériaux inertes sans stockage de déchets ultimes
Concernant le site mosellan, souvent pointé du doigt, Arnaud Chaulet précise que les analyses du cours d'eau voisin sont réalisées avec le Parc naturel régional des Vosges du Nord et transmises aux services compétents. Ces derniers n'ont constaté aucune pollution ni non-conformité environnementale. Les mises en conformité en cours concernent uniquement des points d'aménagement comme la voirie, les réseaux et la gestion séparative des eaux pluviales.
Transparence et mesures concrètes
Le patron de Cyclamen insiste sur plusieurs points importants :
- Aucune subvention n'a été accordée ou promise par la Ville, la Communauté de communes, le Département, la Région ou l'État
- L'entreprise financera une borne de contrôle de la qualité de l'air pour le suivi environnemental autour du site
- Cyclamen souhaite ouvrir davantage l'information sur son activité au public, aux riverains, aux élus et aux acteurs associatifs
- Des visites de site et des échanges réguliers seront organisés
Arnaud Chaulet conclut en réaffirmant la volonté de son entreprise de "partager de manière transparente les réalités de son métier, ses engagements environnementaux et les bénéfices concrets du recyclage des métaux non ferreux pour le sud-Aveyron". Une médiation concernant son arrivée en Sud-Aveyron est également souhaitée par le dirigeant, qui cherche à apaiser les tensions et à établir un dialogue constructif avec les parties prenantes locales.



