Charles Goodyear, l'inventeur du caoutchouc vulcanisé, est mort dans la misère le 1er juillet 1860 à New York, à l'âge de 59 ans. Père du pneu moderne, il n'a jamais connu la fortune de son vivant, laissant sa famille dans le besoin.
Une invention révolutionnaire
Né le 29 décembre 1800 à New Haven, Connecticut, Charles Goodyear était un quincaillier de métier. Après la faillite de son entreprise en 1830, il se passionne pour le caoutchouc, un matériau alors capricieux qui fondait en été et devenait cassant en hiver. En 1839, après des années d'expérimentations, il découvre par hasard la vulcanisation : en mélangeant du caoutchouc avec du soufre et en le chauffant, il obtient un matériau élastique, résistant aux variations de température. Ce procédé, breveté en 1844, ouvre la voie à d'innombrables applications, des pneus aux joints d'étanchéité.
Une vie de dettes et de procès
Malgré l'importance de sa découverte, Goodyear n'a pas su en tirer profit. Il a passé des années à défendre ses brevets devant les tribunaux, notamment contre l'industriel Thomas Hancock qui avait copié son procédé en Angleterre. Goodyear a dépensé des fortunes en frais de justice, s'endettant lourdement. Selon l'historien Charles Slack, auteur de Noble Obsession, il a même été emprisonné pour dettes à plusieurs reprises. À sa mort, il laissait des dettes de plus de 200 000 dollars (une somme colossale pour l'époque).
Un héritage posthume
Ce n'est qu'après sa mort que son invention a véritablement transformé le monde. En 1898, Frank Seiberling a fondé la Goodyear Tire & Rubber Company en hommage à l'inventeur, mais sans lien familial. Aujourd'hui, l'industrie du caoutchouc représente des milliards de dollars. Goodyear a pourtant déclaré un jour : « La vie ne doit pas être mesurée par les dollars que l'on gagne, mais par ce que l'on fait pour les autres. » Une philosophie qui n'a pas rempli son porte-monnaie, mais qui a marqué l'histoire.



