Une proposition de loi déposée par la députée du Loiret Constance de Pélichy (Liot) vise à créer un prêt à taux zéro (PTZ) spécifique pour les familles, afin de lever les obstacles immobiliers qui freinent les projets parentaux. Présentée le 19 mai 2026 en commission des finances, cette mesure répond à un constat alarmant : le logement est devenu un frein majeur à la natalité.
Des refus bancaires pour les parents isolés
Carole, 28 ans, institutrice dans le Loiret et mère de deux enfants, témoigne : « Seule, madame, ce n'est pas possible. » Malgré un CDI dans la fonction publique et des comptes irréprochables, son banquier lui a refusé un prêt pour acheter un petit pavillon. « Le montant des mensualités que je demande est à peine supérieur à mon loyer actuel, mais les banques me refusent automatiquement parce que je suis célibataire avec deux enfants. On se sent punie d'élever ses enfants seule », déplore-t-elle.
Un PTZ universel pour contourner les blocages
Le dispositif actuel du PTZ est jugé inadapté : réservé aux primo-accédants et soumis à des conditions de ressources, il exclut de nombreuses familles. « Si vous êtes cadre et que vous gagnez un peu trop, vous n'y avez pas droit », explique Constance de Pélichy. Sa proposition prévoit un PTZ accessible sans condition de ressources, plafonné à 100 000 euros, mobilisable de la déclaration de grossesse à la naissance, et ouvert aux parents déjà propriétaires ayant besoin de plus d'espace.
Des témoignages de détresse
Les courriers affluent sur le bureau de la députée. Une mère de famille écrit : « Avec mon mari, nous sommes propriétaires d'une maison de deux chambres. Malgré nos salaires de cadres, acheter plus grand est devenu impossible. Nous avons emprunté à 1,35 % il y a trois ans, et aujourd'hui il faudrait réemprunter à 3,4 %. Notre projet de deuxième enfant est au point mort. Votre proposition nous donne de l'espoir. »
Un parcours du combattant pour les couples
Mickaël, policier municipal à Orléans et père de deux enfants, a mis quatre à cinq ans pour concrétiser son projet immobilier avec sa compagne, malgré deux CDI stables. « Le PTZ nous passait sous le nez parce que j'avais déjà été propriétaire. Pour acheter plus grand à la campagne, nous avons dû vendre notre maison et repartir en location, le temps de reconstituer un apport de 20 000 à 30 000 euros exigé par les banques. Le système est d'une lourdeur folle », raconte-t-il.
Un enjeu national pour la natalité
Si le ministre de l'Économie s'est montré frileux, le texte suscite un fort intérêt à l'Assemblée. Pour Constance de Pélichy, « qu'est-ce qu'il y a de plus important pour un État que d'investir pour ses enfants ? Nous sommes morts si nous ne permettons pas aux parents de faire les enfants qu'ils désirent. » Ce débat intervient alors que le gouvernement mise sur le congé de naissance à partir du 1er juillet, mais pour la députée, le premier verrou à faire sauter est celui du logement.



