Le maire (UDR) de Nice et président de la Métropole, Éric Ciotti, a fait voter vendredi 24 avril une baisse des taxes locales. Face à ce choc fiscal, l'opposition dénonce une mesure « démagogique ».
Une baisse de 50 millions d'euros de pouvoir d'achat
« Nous rendons aujourd'hui plus de 50 millions d'euros de pouvoir d'achat aux Niçoises et aux Niçois. C'était mon premier engagement », se félicite Éric Ciotti. Olivier Breuilly, adjoint au maire délégué aux Finances, insiste : « Ce n'est pas un simple geste symbolique, c'est du pouvoir d'achat, une mesure d'attractivité de notre territoire. »
Concrètement, le taux communal de la taxe foncière sur les propriétés bâties passe de 35,30 % à 30,62 %, effaçant la hausse votée en 2024. La taxe d'habitation sur les résidences secondaires est ramenée de 25,15 % à 21,82 %. Côté Métropole, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) perd un point, passant de 10,46 % à 9,46 %, bénéficiant également aux locataires.
Un plan d'économies de 60 millions d'euros
Pour financer ce manque à gagner sans creuser la dette, la municipalité a présenté un plan d'économies de 60 millions d'euros. « Le train de vie de la collectivité » est la première cible : mise aux enchères de 25 véhicules de fonction, suppression du magazine municipal à 600 000 euros, réduction de moitié des frais de bouche et de communication, et suppression totale des frais de représentation pour le président de la Métropole. « Avec moi, il n'y aura pas de dîner à 220 000 euros. On ne fait pas n'importe quoi avec de l'argent public », assène Éric Ciotti.
L'opposition vent debout
Dans les rangs de l'opposition, ce budget passe mal. Julien Picot, élu (PCF) d'opposition, y voit une décision « ultralibérale, démagogique et dangereuse ». Il avertit : « Moins de recettes, c'est moins de services. Moins pour les écoles, moins pour les crèches, moins pour la culture, moins pour le sport, moins pour les services publics de proximité. »
Philippe Pradal, élu estrosiste d'opposition, conteste la méthode de financement. Selon lui, cette baisse est rendue possible grâce à l'excédent budgétaire de 24 millions d'euros laissé par son équipe et s'appuie sur 31,2 millions d'euros de « recettes non durables ». Il accuse également la majorité de « prélever des crédits qui étaient prévus sur l'investissement pour les réinjecter en fonctionnement ».
Patrick Allemand, élu socialiste d'opposition, liste les secteurs qui subiraient des coupes : baisse des autorisations de programme de 1,25 million d'euros pour les équipements sportifs et de 680 000 euros pour l'aide aux bailleurs sociaux. Dénonçant des services publics affaiblis, il lance au premier magistrat : « Vous serez désormais le père la rigueur. »
Inquiétudes sur la collecte des déchets
En Conseil métropolitain, concernant la baisse de la TEOM, Pierre-Paul Léonelli, ancien vice-président délégué à la collecte, s'est dit inquiet d'une potentielle baisse de la qualité de service et des investissements. « C'est une fausse bonne idée, cela représente un manque à gagner de 12,5 millions d'euros », a-t-il déclaré, pointant un excédent de 13,8 millions d'euros. Selon lui, il n'y avait pas de « surfinancement ». Il a interrogé sur le projet du Pont-Michel (40 millions d'euros pour héberger les agents de collecte) et le futur centre de tri près d'Arianeo, nécessaire pour l'autonomie dans le traitement des déchets.
Éric Ciotti a répondu : « Ce qui a été fait sur la collecte est de grande qualité, et ça ne me gêne pas de saluer l'action de l'exécutif précédent. Je n'ai aucune intention de modifier le mode de fonctionnement de la collecte. Concernant le centre de tri, nous le ferons. Le centre de Pont Michel à 40 millions, je me donne le temps de la réflexion. Et la recyclerie prévue rue Trachel, je me donne aussi un peu de temps. »



