Après deux années de "repli significatif", les ventes de logements et les prix "se stabilisent" en Occitanie, selon les dernières données des notaires. Le point sur les quatre départements de l’Hérault, de l’Aude, de l’Aveyron et des Pyrénées-Orientales.
Une sortie de crise en vue ?
S’il ne faut pas encore se réjouir de l’évolution d’une situation plutôt compliquée ces dernières années pour le secteur du logement, les dernières données des notaires montrent un frein à la dégradation du marché de l’immobilier. En effet, selon les statistiques immobilières recueillies par les Notaires du Midi, qui regroupe l’ensemble des professionnels de quatre départements (Hérault, Aude, Aveyron et Pyrénées-Orientales), on assiste à une certaine "stabilisation des volumes de ventes et des prix sur la région".
Des transactions en hausse de 2,5 %
Les chiffres, qui reflètent l’activité des quatre chambres départementales à travers les actes notariés de transactions immobilières entre le 1er juillet 2024 et le 30 juin 2025, montrent, à ce jour, une "timide esquisse d’une reprise des activités". Sur les quatre départements concernés, ils ont enregistré, tous biens confondus, près de 48 000 transactions, en hausse de 2,5 % par rapport à la même période entre 2023 et 2024. Le point, département par département.
Hérault : + 3,8 %
Ce n’est pas la grande reprise, mais c’est déjà ça : dans le département, le volume des transactions immobilières enregistré par la chambre départementale des notaires a augmenté de près de 4 % (3,8 %) sur l’ensemble des biens (appartements neufs, logements anciens, maisons anciennes, terrains à bâtir). Une bonne nouvelle "alors que nous étions sur des volumes en baisse de 29 % en 2024 et de 13 % en 2023", rappelle Me Valéry Flandin, notaire à Prades-le-Lez et porte-parole de la chambre départementale. La situation dans l’Hérault est "portée par la vente d’appartements neufs". Au total, 24 120 transactions ont été enregistrées sur la période concernée. La hausse touche quasiment tous les produits : + 2,1 % pour les appartements anciens, + 33 % pour les appartements neufs et + 4,2 % pour les maisons anciennes. Les ventes de terrains à bâtir ne décollent toujours pas : – 25 %. Quant aux prix, ils sont "relativement stables" dans l’ancien : – 0,9 % pour les appartements (3 330 euros du m² en moyenne) et + 1 % pour les maisons anciennes (262 500 euros). Les appartements neufs voient leur prix baisser sensiblement de 3,2 % à 4 530 euros du m².
Aveyron : légère baisse des transactions
Après un fort repli en 2024, de 22 %, les transactions ont "très légèrement diminué" à fin juin 2025, avec – 4,4 % (4 100 transactions). "Nous assistons à une tendance qui voit de nombreuses personnes qui vendent leur maison située en milieu rural, l’image de ce département, pour se rapprocher des grandes villes et acheter un appartement", souligne Me Franck Selieye, notaire à Marcillac-Vallon et nouveau président du Conseil régional des notaires (Notaires du Midi). Sur ce département, le volume des transactions est en hausse pour ce qui est des appartements (+ 1,9 %), mais reste en baisse pour les appartements neufs (-20 %), les maisons anciennes (-4,3 %) et les terrains à bâtir (-16 %). Les prix, eux, affichent une hausse pour les seules maisons anciennes (+ 3,5 %), avec un prix médian de 130 000 euros. En revanche, le prix des appartements anciens est en repli de 2,3 %, à 1 700 euros du m².
Aude : la stabilité est de mise
Si l’on fait exception de la hausse des transactions dans les appartements neufs (+ 162 %), "liée à la mise sur le marché, ponctuelle et simultanée, de nouveaux programmes", selon Me Selieye, la tendance est plutôt à la stabilité du marché. Les ventes, tous biens confondus, ont connu une baisse de 0,9 % (8 280 transactions). Celles des logements anciens baissent de 4 %, des maisons anciennes de 0,4 % et des terrains à bâtir de 12 %. Pour ce qui concerne les prix, le département se caractérise par une forte demande de maisons anciennes qui impacte le niveau de ses prix. "L’évolution annuelle du prix des maisons anciennes (153 200 euros, NDLR) est systématiquement supérieure à celle des appartements anciens (2 320 euros du m², ndlr)", précisent les notaires. Sauf sur les agglomérations de Narbonne et de Carcassonne, où les prix des appartements anciens "continuent d’augmenter très légèrement", avec respectivement + 2,9 % et + 2,2 %.
Pyrénées-Orientales : les prémices d’une reprise
L’année 2024 avait été compliquée pour le marché immobilier. Les transactions avaient connu un repli de 28 % sur le département. Les prémices d’une reprise sont observées. Certes, modestement, mais on assiste à un "léger" frémissement. À fin juin, le volume des transactions était en hausse de 1 % (11 440 actes). Elle concerne aussi bien les appartements anciens (+ 0,2 %), que les appartements neufs (+ 1,7 %) et les maisons anciennes (+ 4,4 %). Les prix sont eux aussi "en légère progression" : + 1,3 % pour les appartements anciens (2 400 euros du m²) et + 1 % pour les maisons anciennes (205 000 euros). Ces hausses touchent surtout Perpignan et sa périphérie ainsi que la partie Cerdagne-Capcir.



