Déclaration d'impôts 2026 : les principales nouveautés fiscales à connaître
Impôts 2026 : les nouveautés fiscales essentielles

La déclaration des revenus 2025 : un exercice fiscal marqué par plusieurs évolutions

Comme chaque année au printemps, la déclaration des revenus fait son retour, accompagnée de son lot habituel d'interrogations et d'inquiétudes pour les contribuables. Cette édition 2026, concernant les revenus perçus en 2025, s'inscrit dans un contexte budgétaire particulièrement animé, où plusieurs hypothèses fiscales ont été débattues avant d'aboutir aux mesures définitives.

Le barème de l'impôt sur le revenu finalement revalorisé

Le feuilleton budgétaire avait initialement laissé planer le doute sur une possible « année blanche », avec un gel du barème de l'impôt sur le revenu. Cette hypothèse, présente dans les premières versions du budget portées par Bayrou puis Lecornu, visait à augmenter les recettes fiscales sans créer de nouvel impôt, en faisant entrer progressivement davantage de foyers dans l'imposition. Le mécanisme aurait consisté à alourdir la fiscalité des contribuables dont les revenus auraient simplement suivi l'inflation, comme cela s'était produit lors des gels appliqués en 2012 et 2013.

Cependant, cette piste n'a pas résisté aux débats parlementaires. Députés et sénateurs, toutes tendances politiques confondues, ont écarté le principe d'un gel généralisé, arguant qu'un tel dispositif aurait pu faire payer plus d'impôts à des contribuables dont le salaire n'aurait fait que suivre l'inflation, sans gain de pouvoir d'achat réel. Des foyers jusqu'alors non imposables auraient également pu basculer dans l'imposition.

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Finalement, c'est une revalorisation classique de 0,9 % qui a été retenue, correspondant au niveau d'inflation mesuré par l'Insee en 2025. Pour les revenus 2025, la première tranche non imposable s'applique désormais jusqu'à 11 600 € (contre 11 497 € pour l'imposition 2025 des revenus 2024). La tranche de 11 601 à 29 579 € est taxée à 11 %, celle de 29 580 à 84 577 € à 30 %, puis de 84 578 à 181 917 € à 41 %, avant une taxation à 45 % au-delà.

« Sachant qu'il y a une première décote au tout début du barème, on n'est pas imposé avant grosso modo 15 000 €. L'indexation s'aligne finalement sur le train de vie de tout le monde, en espérant que les salaires soient revalorisés pour tout le monde », commente Sandra Pirou, responsable de la gestion patrimoniale chez RSM France.

La contribution différentielle sur les hauts revenus : une mesure ciblée

Parmi les nouveautés les plus commentées de cette campagne fiscale figure la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR). Cette mesure concerne les contribuables dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € pour une personne seule et 500 000 € pour un couple. Son objectif est de garantir une imposition minimale de 20 %, notamment pour les foyers percevant une part importante de revenus du patrimoine (dividendes, plus-values ou revenus de capitaux mobiliers) généralement soumis à la flat tax.

« Cette mesure a fait couler de l'encre. Mais en fait, elle touche un très faible nombre de personnes. Sur une soixantaine de déclarations, j'ai dû en calculer cinq. Sur le service, nous avons dû en traiter une vingtaine sur 600 déclarations », observe Sandra Pirou. Un acompte de 95 % a été versé dès le 15 décembre 2025, avant même la déclaration de revenus déposée ce printemps.

Durcissement du pacte Dutreil pour la transmission d'entreprise

Le budget 2026 a également durci les règles du pacte Dutreil, dispositif créé en 2003 pour alléger la fiscalité de la transmission des entreprises familiales. Le gouvernement vise spécifiquement l'intégration de biens personnels (maisons de vacances ou biens dits somptuaires) dans des structures transmises avec un avantage fiscal normalement réservé à l'outil de travail.

Désormais, seuls les actifs strictement liés à l'entreprise (investissements, trésorerie, actifs productifs) peuvent bénéficier du dispositif. Cette mesure vise à limiter les pratiques de « suroptimisation fiscale », consistant à utiliser la fiscalité de l'entreprise pour transmettre, en réalité, un patrimoine personnel.

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Évolutions du Plan d'épargne retraite (PER)

Le Plan d'épargne retraite connaît deux évolutions notables pour 2026. La première est favorable : le report du plafond de déduction non utilisé, qui passe de trois à cinq ans. Ainsi, un contribuable qui n'utilise pas la totalité de son plafond une année donnée disposera de davantage de temps pour en profiter. Cette extension ne sera toutefois pas rétroactive et ne concernera que les plafonds non utilisés à compter de 2026.

La seconde évolution est moins avantageuse : après 70 ans, les versements sur un PER ne permettent plus de bénéficier d'une déduction fiscale. L'épargne accumulée reste récupérable, mais sa sortie demeure imposable si les sommes versées ont auparavant été déduites. « S'il a bénéficié d'un avantage fiscal en amont, au moment où il reprend, c'est un revenu imposable », résume Sandra Pirou. L'intérêt du PER repose donc sur le différentiel entre le niveau d'imposition au moment des versements et celui appliqué lors de la retraite.

Réforme de la fiscalité des locations meublées de courte durée

L'un des changements les plus concrets pour les propriétaires concerne la fiscalité de la location meublée de courte durée, avec une volonté claire de réduire l'avantage dont bénéficiaient jusqu'ici les locations de type Airbnb. La distinction entre location meublée de longue durée et location meublée de courte durée devient plus nette.

Pour la location de longue durée, la fiscalité ne change pas : le régime micro-BIC (microentreprise) reste applicable jusqu'à 77 000 € de recettes, avec un abattement forfaitaire de 50 %. En revanche, pour la location meublée de courte durée, le régime devient nettement moins favorable : le plafond du régime micro tombe à 15 000 €, avec un abattement forfaitaire ramené à 30 %.

« Cette réforme répond à une logique plus large de régulation du marché immobilier. La location touristique de courte durée est à la fois une niche fiscale et un fait économique qui tue le marché de l'immobilier dans certaines villes », souligne Sandra Pirou. « Ce type de location réduit fortement le nombre de logements disponibles pour l'habitation principale, au point d'avoir conduit les collectivités à intervenir. Le durcissement fiscal vise donc aussi à favoriser le retour de logements sur le marché résidentiel. »

Doublement temporaire du plafond de déficit foncier

Pour encourager la rénovation des passoires thermiques, le gouvernement a temporairement renforcé l'avantage fiscal lié au déficit foncier. Habituellement plafonnée à 10 700 euros par an, l'imputation du déficit foncier sur le revenu global peut grimper jusqu'à 21 400 euros lorsque les travaux engagés concernent une rénovation énergétique éligible. Cette mesure s'applique aux dépenses réalisées entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2025.

Revenus complémentaires et dons

Les revenus issus de plateformes comme Airbnb, Vinted ou BlaBlaCar sont en principe imposables, même lorsqu'ils sont occasionnels. Les plateformes doivent informer l'administration fiscale si un contribuable réalise plus de 30 ventes/transactions par an ou si les revenus dépassent 2 000 €. Certains revenus peuvent toutefois être exonérés, comme le covoiturage si le prix ne dépasse pas le remboursement des frais réels, ou la location d'une chambre de la résidence principale jusqu'à 760 € par an.

Les dons aux associations ouvrent toujours droit à une réduction d'impôt de 66 % (dispositif « Coluche »), portée à 75 % pour les dons en faveur des personnes en difficulté. Le plafond est de 1 000 € pour les dons effectués avant le 14 octobre 2025, puis de 2 000 € à compter de cette date. Une disposition spécifique prévoit une réduction de 75 % pour les dons effectués en 2026 pour la restauration du château de Chambord, dans la limite de 1 000 €.

Durcissement des contrôles fiscaux

Enfin, la procédure de contrôle des réductions et crédits d'impôt se durcit. « On est dans une ère où tout ce qui réduit la note fiscale est observé », note Sandra Pirou. L'administration fiscale se réserve désormais le droit de demander des justificatifs dès la réception de la déclaration, avant même l'édition de l'avis d'imposition définitif. Les contribuables doivent donc conserver soigneusement tous leurs justificatifs (dons, emploi à domicile, frais déductibles) sous peine de voir leur avantage fiscal remis en cause.