La Cour des comptes sonne l'alarme sur la trajectoire budgétaire française
Dans un rapport publié ce jeudi, la Cour des comptes a émis un avertissement sévère concernant les risques associés au non-respect des objectifs de réduction du déficit public. L'institution a qualifié de « crucial » le respect de la cible fixée à 5% du Produit Intérieur Brut pour l'année 2026, soulignant que tout écart pourrait sérieusement « alimenter la défiance des marchés vis-à-vis de notre dette publique ».
Une situation financière préoccupante dans la zone euro
Les magistrats de la rue Cambon ont dressé un tableau préoccupant des finances publiques françaises, qui « demeurent parmi les plus dégradées de la zone euro ». La France occupe actuellement la première place pour le déficit public le plus élevé et se classe au troisième rang des pays les plus endettés, derrière la Grèce et l'Italie. Cette position fragile se traduit par des conditions de financement moins favorables, avec des taux sur les obligations d'État à 10 ans qui dépassent depuis deux ans ceux de la plupart des autres pays fortement endettés de la zone monétaire.
Un objectif de réduction jugé « très incertain »
Pour l'année 2026, l'objectif de réduction du déficit, qui a été « revu à la baisse » à 5% du PIB contre 4,7% initialement prévu, est considéré comme « encore très incertain » par la Cour des comptes. Cette incertitude persiste « tant en recettes qu'en dépenses, faute de réformes structurelles aux effets durables ». L'institution insiste sur la nécessité absolue de conjurer le risque d'un non-respect de cette cible, qui pourrait avoir des conséquences graves sur la crédibilité financière du pays.
La trajectoire budgétaire récente et les défis à venir
Après deux années de dérapage significatif avec un déficit public atteignant 5,5% du PIB en 2023 et 5,8% en 2024, une légère amélioration est attendue en 2025 avec une réduction à 5,4%. Le gouvernement ambitionne de ramener ce ratio à 5% en 2026 avant de passer sous le plafond européen de 3% en 2029. La Cour des comptes reconnaît que l'année 2025 marque « une inflexion après deux années noires », mais souligne que « le plus difficile reste cependant à accomplir » pour respecter les engagements européens et assurer la soutenabilité de la dette.
La nécessité de mesures structurelles ambitieuses
La réduction du déficit en 2025 repose principalement sur des hausses d'impôts, une approche que la Cour des comptes juge insuffisante à long terme. L'institution appelle à « prolonger cet effort dans la durée, en y intégrant des mesures d'économies d'ampleur ». Elle conclut son rapport en insistant sur l'impératif d'un « effort graduel, cohérent et poursuivi dans la durée » pour revenir à un niveau d'endettement maîtrisé et prévenir le risque d'une charge d'intérêts qui deviendrait insoutenable pour les finances publiques nationales.



