Trafic de tabac à la frontière basque : l'État renforce les contrôles
Trafic de tabac : contrôles renforcés à la frontière basque

Face à l’accélération du trafic de tabac entre l’Espagne et la France, en raison des écarts de prix, l’État mène des contrôles réguliers à la frontière basque avec les douanes. Ce mercredi 13 mai, de nombreux automobilistes ont été contrôlés à Hendaye et Urrugne, dépassant parfois les quatre cartouches de cigarettes autorisées.

Un septuagénaire intercepté sur le pont de Béhobie

Cigarette au bec, le septuagénaire est contraint de se rabattre au milieu du pont de Béhobie, reliant la France à l’Espagne, au Pays basque. L’automobiliste est suspecté d’avoir acheté une grande quantité de tabac en Espagne pour le ramener en France. Dans son coffre, les douaniers constatent cinq cartouches de cigarettes et 1 800 grammes de tabac à rouler. La limite d’importation imposée par l’Union européenne est pourtant de quatre cartouches de cigarettes ou de 1 000 grammes de tabac à fumer maximum, par personne. L’homme devra payer une amende d’au moins 150 euros et repartira sans sa marchandise, saisie dans sa totalité par les douaniers.

Des contrôles réguliers à la frontière

À la frontière franco-espagnole, les contrôles des douaniers, gendarmes et policiers sont réguliers. Depuis le début de l’année, les services douaniers de la direction régionale de Bayonne ont intercepté 1,16 tonne de tabac. Avec un prix d’à peine plus que 5 euros pour un paquet de cigarettes en Espagne, contre 12 euros en France, de nombreux usagers n’hésitent pas à prendre le risque de dépasser les quotas pour rentabiliser leur voyage. « Il y a une mobilité et une imprévisibilité de nos contrôles à la frontière pour faire pression. Ce contrôle de l’État doit être permanent », prévient Sébastien Mugica, directeur régional des douanes de Bayonne. D’autres agents sont postés sur le pont Saint-Jacques et sur le pont piéton, entre Hendaye et Irún.

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Deux profils de contrebandiers

Dans la lutte contre le trafic de contrebande, deux profils se distinguent : ceux qui dépassent le seuil autorisé, en conscience ou non, pour leur consommation personnelle, et ceux qui transportent une grande quantité dans le but de les revendre sur le marché noir. « Derrière chaque cartouche achetée illégalement, se cachent une fraude fiscale, un risque sanitaire, une économie souterraine et une concurrence déloyale vis-à-vis des buralistes que nous ne pouvons tolérer », explique Anne-Sophie Marcon, sous-préfète et directrice de cabinet du préfet des Pyrénées-Atlantiques.

Impact sur les buralistes

Cette concurrence déloyale touche toute la profession des buralistes, en particulier dans les zones frontalières. Depuis trois ans, 18 bureaux de tabac ont fermé dans le département. « Ces contrôles douaniers sont vitaux pour nous car nous sommes très impactés par le trafic de contrebande. En 2025, le volume de tabac vendu a reculé de 9,4 % par rapport à 2024, au niveau national. Je vous laisse imaginer l’impact au niveau local, on est bien au-delà des 10 % », s’alarme François Dupin, président de la Fédération départementale des buralistes des Pyrénées-Atlantiques.

« Évidemment, l’origine du mal, ce sont les écarts de prix avec l’Espagne. Le trafic de contrebande s’accélère et s’est largement développé ces dernières années. Les buralistes en souffrent. Il y a vingt ans, au Pays basque, il y avait encore 166 bureaux de tabac. Aujourd’hui, il n’en reste plus que 83, soit moitié moins. La vente de tabac, c’est notre ADN », ajoute-t-il. Le poids des taxes sur le tabac en France accentue encore davantage cet écart de compétitivité avec les pays voisins. Mais il a permis de faire baisser le nombre de fumeurs quotidiens de 4 millions sur dix ans, selon Santé publique France.

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