Meta devant la justice : Zuckerberg reconnaît des retards dans la protection des mineurs sur Instagram
Zuckerberg reconnaît des retards dans la protection des mineurs

Meta face à la justice : des aveux tardifs sur la protection des jeunes utilisateurs

Le PDG de Meta, Mark Zuckerberg, a présenté mercredi des excuses partielles devant le tribunal civil de Los Angeles. Le dirigeant a reconnu que son entreprise avait tardé à renforcer les mécanismes de détection des utilisateurs âgés de moins de treize ans sur la plateforme Instagram. Cette déclaration intervient dans le cadre d'un procès crucial qui vise à établir la responsabilité des géants du numérique dans les troubles psychologiques subis par certains adolescents.

Un procès emblématique sur l'addiction des jeunes aux réseaux sociaux

Cette procédure judiciaire s'inscrit dans une vague de plaintes déposées aux États-Unis contre les principales plateformes numériques. Douze jurés doivent rendre leur verdict d'ici la fin du mois de mars concernant la responsabilité potentielle d'Instagram et de YouTube dans les difficultés psychologiques de Kaley G.M., une jeune Californienne aujourd'hui âgée de vingt ans. Selon l'avocat de la plaignante, cette dernière s'était inscrite sur Instagram dès 2015, alors qu'elle n'avait que neuf ans, à une époque où la plateforme ne vérifiait absolument pas l'âge de ses utilisateurs.

Mark Zuckerberg a déclaré : « Nous avons ajouté de nouveaux outils de détection au fil des années », tout en admettant avec franchise : « Je me dis que nous aurions pu en arriver là plus tôt ». Ces aveux soulignent les lacunes historiques dans la protection des mineurs sur les réseaux sociaux.

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Des chiffres alarmants révélés au tribunal

Des documents internes présentés lors de l'audience ont révélé des données préoccupantes. En 2015, Instagram estimait à environ quatre millions le nombre de comptes appartenant à des enfants de moins de treize ans. La même source évaluait à trente pour cent la proportion des jeunes âgés de dix à douze ans présents sur le réseau social aux États-Unis. Il est important de noter qu'Instagram n'a commencé à demander la date de naissance lors de la création d'un compte qu'en 2019, avant d'étendre cette obligation à l'ensemble de ses utilisateurs en 2021.

La plateforme affirme désormais utiliser des outils d'identification sophistiqués basés sur l'analyse des contenus partagés et des interactions entre utilisateurs pour vérifier l'âge des internautes. Cependant, ces mesures semblent intervenir bien après que des millions d'enfants aient déjà eu accès à la plateforme.

Des objectifs internes controversés sur le temps d'utilisation

Le procès examine également les objectifs internes de Meta concernant le temps passé par les utilisateurs sur Instagram. L'avocat Mark Lanier a évoqué des documents montrant qu'en 2015, Mark Zuckerberg avait personnellement fixé un objectif d'augmentation de douze pour cent du temps moyen d'utilisation sur une période de trois ans. Le dirigeant a confirmé l'existence de ces orientations stratégiques, tout en précisant : « Nous avions des objectifs », avant d'ajouter : « au bout d'un moment, j'ai décidé qu'il ne fallait plus que nos équipes aient des objectifs de temps passé sur Instagram ».

Zuckerberg a également déclaré : « Si vous créez quelque chose qui n'est pas bon pour les gens, ils vont peut-être y passer plus de temps à court terme, mais ils n'en seront pas contents ». Cette réflexion semble reconnaître les risques potentiels liés à une conception trop engageante des plateformes.

Meta accusée d'avoir ignoré les risques pour les jeunes

Les avocats de la plaignante soutiennent fermement que Meta connaissait parfaitement les dangers que ses plateformes représentaient pour les jeunes utilisateurs. Matthew Bergman, fondateur du Social Media Victims Law Center, a affirmé avec conviction : « les documents internes montrent que Meta a compris les dangers de ses plateformes pour les jeunes », mais que le groupe « est allé de l'avant quand même ». Meta conteste vigoureusement ces accusations et met en avant son « engagement de longue date » dans le développement d'outils de contrôle parental et de régulation adaptés.

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Un contexte juridique plus large pour les réseaux sociaux

Ce procès fait partie d'une série d'affaires test menées à Los Angeles, destinées à établir des précédents juridiques face aux milliers de plaintes visant les réseaux sociaux. Il est intéressant de noter que TikTok et Snapchat, également mis en cause dans cette affaire, ont conclu un accord confidentiel avec la plaignante avant l'ouverture du procès. D'autres procédures judiciaires sont actuellement en cours, notamment devant une juge fédérale à Oakland et dans l'État du Nouveau-Mexique, où Meta est accusé de privilégier ses profits au détriment de la protection des mineurs.

Cette affaire met en lumière les défis réglementaires et éthiques auxquels font face les géants de la technologie, alors que la société prend de plus en plus conscience des impacts potentiels des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes générations.